Comme chaque année, Mes Courses pour la Planète et l’Observatoire de la consommation responsable publient Les chiffres de la consommation responsable. Nous avons rencontré la fondatrice de l’Observatoire, Elisabeth Laville, et sommes revenus avec elle sur les grandes lignes de ce rapport. Instructif !

Quelles sont les grandes tendances que vous observez ?

Elisabeth Laville : Globalement, les marchés alternatifs sont en croissance. C’est notamment le cas des produits bio, dont la progression se confirme, avec une croissance de +10% entre 2013 et 2014. Certains produits ont même sur une évolution à deux chiffres en bio alors qu’ils sont en baisse en conventionnel, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. L’autre grande tendance, c’est la consommation collaborative (partage, troc, location, ndlr), qui s’ancre d’année en année dans les pratiques des Français, au-delà du phénomène de mode. Pour preuve, BlaBlaCar, le leader européen du covoiturage affiche une croissance exponentielle de 200% par an. Entre 2013 et 2014, le nombre total de membres du site a encore doublé, passant de 5 à 10 millions.

Qu’est-ce qui motive les Français à changer leurs habitudes de consommation ?

E.L. : Pour le bio, c’est l’argument de santé qui prime. Les meilleures progressions concernent les produits qu’on associe à des scandales sanitaires, comme le poulet. Le poulet standard, qui représentait 19% du panier d’achat des ménages français en 2014 a perdu 2,5 points, au profit des poulets alternatifs, bio ou sous labels. On observe dans le même temps un essor des produits végétariens. Les Français se rendent compte qu’il est préférable de consommer moins de viande mais de meilleure qualité. Les produits bio qui progressent le plus sont aussi ceux sur lesquels il y a un faible différentiel de prix. Le lait bio par exemple, enregistre 8% de croissance en 2014. Son prix à baissé de 2,3% alors que celui du lait conventionnel a augmenté de 2,7% sur la même période. Même chose pour les oeufs bio, dont le prix moyen est en baisse constante, et dont les ventes ont progressé de 8%. Pour la consommation collaborative, la motivation première des consommateurs n’est pas toujours l’écologie, mais la recherche d’économies. En résumé, si vous avez un avantage personnel, sur votre santé ou votre porte-monnaie, ajouté à un avantage environnemental ou collectif, ça cartonne.

Comment s’adaptent les marchés à ces changements en profondeur ?

E.L. : Les consommateurs attendent désormais des preuves formelles de l’engagement des marques envers la société et l’environnement. Ils sont de moins en moins dupes de l’entreprise qui saisit une opportunité en lançant juste une petite gamme verte. Les grandes marques vont donc progressivement s’engager vers 100% de produits responsables. Mais les consommateurs sont bien plus prêts que les marques, il y a vraiment une attente latente. Nous espérons l’illustrer avec notre étude.

L’étude «Les Chiffres de la consommation responsable» est disponible en téléchargement libre sur le site www.mescoursespourlaplanete.com


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