C’est votre troisième grille-pain et celui-ci présente déjà des signes de fatigue tandis que la garantie vient d’expirer ? Et si, au lieu de vous remettre en quête de l’appareil idéal, vous essayiez de le réparer ? Pas si dur, gratuit et surtout sympa… 

Questions à Philippe Caner, fondateur du Repair Café de Sophia-Antipolis

Quel est le principe du Repair Café ?
Réapprendre à réparer plutôt que de jeter. Faire ça à plusieurs et gratuitement.Chaque participant vient avec l’objet qu’il souhaite essayer de réparer. Cela peut être n’importe quoi du moment qu’il soit transportable : pas de frigo ni de machine à laver donc, mais un sèchecheveux, un aspirateur, un radiateur électrique, une imprimante ou de la vaisselle, des vêtements… Pas question de regarder le réparateur faire pour soi. On apprend avec lui et on s’y met.

Avez-vous senti un engouement pour le «réparer soi-même» ?
C’est une lame de fond ! En 46 ans d’expérience dans l’associatif, je n’ai jamais vu
ça. Je suis estomaqué de voir, comment tous les mois, avec seulement deux ateliers par mois, on prend en charge plus de 100 objets ! L’engouement pour les ateliers réparation est dans la mouvance du collaboratif, de l’envie de créer de la gratuité et des nouvelles solidarités. Pour moi, c’est une réponse à la déshumanisation de la société. Les gens en ont assez de la société de consommation, et cela dépend ni de l’âge ni du statut social. Les ateliers réparation répondent à cette soif.

D’où vient cette tendance ?
Des Pays-Bas. Le concept a été imaginé par une journaliste et militante écologiste, Martine Postma. Lassée de voir les gens jeter dès qu’un objet ne marchait plus, elle a ouvert le premier Repair Café en 2009. Nous, on a démarré en juin 2013. Avant cela, j’organisais des ciné-forums autour de l’obsolescence programmée. Cela a eu tellement de succès que je me suis dit : « Passons aux travaux pratiques ! » Aujourd’hui nous avons une équipe de 60 bénévoles.

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