Qui n’a jamais rêvé de suivre les cours d’Harvard ou de Sciences po ? C’est désormais possible, avec les Moocs, pour Massive Online Open Courses. Traduire : cours en ligne ouverts à tous. Des milliers d’Internautes visionnent gratuitement de courtes vidéos pour assouvir leur soif de connaissances.

« Si j’avais le temps, je suivrai plus de Moocs », affirme Julien. Le jeune homme s’est inscrit sur Coursera en octobre dernier et a déjà validé deux programmes. Installé sur son bureau, dans sa chambre universitaire à Paris, il en profite pour « emmagasiner des connaissances ». Son truc : les sciences. « Ce sont des experts du monde entier, c’est une chance », explique l’étudiant en « Frontières du vivant ». En anglais ou en français, cette plateforme de cours en ligne propose plus de 200 modules de formation conçus par les plus prestigieuses universités. «Mais parfois, le professeur ne réfléchit pas à la manière de transmettre online. Une caméra ne suffit pas », regrette Julien.

Les moocs débarquent en France

Le ministère de l’Enseignement supérieur a lancé ses premiers cours en janvier 2014. Sur la plateforme France université numérique (FUN), déjà 20 formations ont commencé. L’École Polytechnique, l’Institut Mines-Télécom et neuf autres établissements d’enseignement supérieur proposent ainsi des modules d’apprentissage, via de courtes vidéos, mises en ligne chaque semaine selon un programme préétabli. Et si vous avez loupé le coche, vous pouvez toujours vous inscrire tant que la session de cours n’est pas finie.

20min chrono

Un constat partagé par William Dab, directeur de l’école Sciences industrielles et technologies de l’information du Cnam. « J’ai voulu construire mon cours comme une série télévisée, le scénariser. » Il a créé un Mooc pour France université numérique (FUN) sur la santé au travail à l’intention de non-spécialistes et notamment des managers. Le professeur titulaire de la chaire d’Hygiène et Sécurité intègre à ses vidéos des interviews avec des médecins, des DRH, des experts, « qui ont chacun un rôle, une compétence à expliquer ». Wiliam Dab est persuadé qu’« Internet ne va pas remplacer l’enseignement mais transformer la pédagogie ». Le manque d’échanges humains élèves-professeurs est comblé par l’interactivité: des séquences de 20 minutes maximum, que l’on peut lire sur téléphone, tablette, ordinateur.

Rock online

« J’ai deux heures de trajet tous les jours, autant les mettre à profit », lance Sébastien. Ce conseiller en management a eu envie de satisfaire sa curiosité en musique et géopolitique. Il n’est pas allé au bout des trois cours auxquels il s’est inscrit, tel que l’histoire du rock, « à cause du format, pas toujours pratique». Il regrette le manque de « stimulations » : « Au-delà des quizz, il pourrait y avoir des exercices à faire dans la vraie vie » Car qui dit online, ne dit pas déconnecté du réel. Déjà, des groupes se forment sur les réseaux, des échanges mondiaux se construisent sur les forums. Enseignants et élèves sont en co-apprentissage vers un partage de connaissances gratuit, pour tous. Pas de diplômes prévus pour valider ces études, juste un certificat et beaucoup de satisfaction.

Visionnez la UP Conferences du 18 décembre 2013 : 

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