EN BREF – Une bonne partie du pain des boulangeries est écartée de la vente et même jetée, relève une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Un gaspillage qui pourrait être évité.

Selon l’Ademe, l’alimentation humaine « perd » chaque année environ 10 millions de tonnes de produits à consommer. Une grande portion, évaluée à 16 milliards d’euros, est déclassée ou détruite. Toutes les familles de produits sont concernées par ce gâchis, et notamment la filière du blé, analysée par l’Ademe dans une étude qui vient de sortir. 6 % de la production de blé français (soit 4,9 millions de tonnes) est écartée ou détournée de la vente. Et ce, car une bonne partie n’est pas récoltée et ne quitte pas les champs ; le reste étant déclassé en alimentation pour les animaux.

Ce gaspillage touche aussi les produits finis, comme le pain. 10,6 % des baguettes et autres boules de seigle de boulangeries artisanales sont écartées de la vente. 15 % de ces invendus sont donnés, 25 % déclassés en alimentation animale et 60 % détruits.

Un gaspillage dans un contexte de pauvreté important

La proportion de produits invendus est à peu près similaire pour les boulangeries industrielles, mais la grande majorité du stock se retrouve dans la gamelle des animaux. En outre, de nombreuses viennoiseries sont mises à la poubelle (9 % de la production !), mais il est à noter, toutefois, que certaines boulangeries proposent des réductions de prix en fin de journée afin que les chouquettes et les croissants soient consommés et non jetés.

La France vise à réduire le gaspillage alimentaire de moitié d’ici 2025. Une urgence, quand on sait que 34,9 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté (chiffres de l’Insee, basés sur le recensement de 2015).  Avec moins de 1 523 euros pour une famille monoparentale ou un couple sans enfant, ces 10,6 % de pains gaspillés posent question.


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