EXTRAIT DU MAG – Le lombricompostage consiste à faire transformer ses déchets organiques par des vers, dans un bac. Une pratique qui permet de limiter ses déchets, certes, mais est-ce si simple d’élever ces petites bêtes chez soi ? Témoignage.

Marie, 33 ans, utilise un lombricomposteur depuis un peu plus d’un an. Elle a accepté de nous ouvrir les portes de son appartement, en région parisienne, pour nous montrer comment cela fonctionne. L’objet doit être placé en intérieur car les vers ne supportent pas les basses températures. Marie a donc choisi de le placer dans un petit couloir, à proximité de sa cuisine toute neuve et impeccable. Consultante de profession, Marie n’a rien d’une entomologiste de prime abord : « Au début, je n’osais pas trop toucher les vers. » Pour elle, le déclic s’est fait quand elle a commencé à s’intéresser au nombre de déchets qu’elle et son compagnon envoyaient à la poubelle. « À partir du moment où nous nous sommes mis à consommer des paniers de fruits et légumes récupérés à l’Amap (association pour le maintien de l’agriculture, ndlr) chaque semaine, nous avons commencé à avoir beaucoup de déchets organiques. »

Là où elle vit, à Saint-Denis (93), comme dans de nombreuses localités françaises, il n’y a pas de poubelle séparée pour les épluchures et autres produits biodégradables. Cela signifie qu’ils sont envoyés à l’incinération avec les autres déchets. Une dépense qui peut être épargnée à la planète, et à la collectivité, grâce au compost. Pour la jeune femme, engagée dans la réduction de ses déchets (elle fabrique également ses produits ménagers, shampoing, savon et dentifrice), cela allait de soi. « J’ai acheté mon premier lombricomposteur sur le bon coin », rapporte-t-elle. Pour les vers, elle s’est tournée vers le site plus2vers.fr, une plateforme gratuite qui permet de trouver des donateurs de vers, et de conseils, autour de chez soi. Par la suite, la structure intercommunale Plaine commune a distribué des lombricomposteurs plus grands, aux habitants qui le souhaitaient.

Une décomposition sans effort

« Je stocke mes épluchures dans un petit seau disposé sur mon balcon. Lorsqu’il est plein, je le vide dans le lombricomposteur », explique Marie. En une semaine, en général, tout disparaît. Concrètement, il s’agit de bacs posés les uns sur les autres, sur un socle. Dans le bac du dessus, où il y a du terreau et des vers, Marie dépose ses épluchures et des petits bouts de carton (il n’est pas possible d’y déposer des restes de viande). Quand cette matière a été digérée par les vers, elle tombe, via des petits trous, dans un second bac en dessous. Le compost présent dans ce bac est très riche. Le bac du fond permet d’évacuer un engrais liquide. Marie peut utiliser ce compost et cette substance pour nourrir ses plantes.

« J’ai récemment eu quelques moucherons après avoir déplacé le lombricomposteur dans mon garage au moment de mon déménagement. Autrement, cela me demande peu d’entretien : environ une heure toutes les deux semaines, pour mettre la nourriture, broyer le carton et les coquilles d’œufs (qui autrement ne se décomposent pas), mélanger et vérifier que tout va bien », explique-t-elle. L’un des avantages de cette installation, par rapport à un composteur classique, est qu’il n’y a aucune odeur. Et Marie nous rassure sur un point : les vers restent sagement dans leur compost et ne s’échappent pas dans le reste de la maison.

Cet article est extrait de la 19e édition d’UP le mag, à retrouver sur notre boutique, et à découvrir ci-dessous :


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