EN BREF – Greenpeace mène jusque fin mars une mission d’exploration des profondeurs de l’océan Antarctique. L’objectif est de collecter des données sur la biodiversité marine. Une expédition destinée à convaincre les États-membres de l’Union européenne de préserver cette région du monde menacée par le changement climatique. 

Javier Bardem plonge en sous-marin avec les scientifiques de Greenpeace

« Dès que nous avons atteint le fond de l’océan, j’ai été complètement émerveillé par la diversité des couleurs et de la vie autour de nous », a déclaré l’acteur espagnol Javier Bardem après avoir exploré les mystères des fonds marins de l’Antarctique. Le comédien a suivi les biologistes de Greenpeace dans un sous-marin miniature immergé à 270 mètres de profondeur. Son témoignage participe à une vaste opération  de sensibilisation du grand public à la nouvelle campagne de Greenpeace en faveur de la protection de la biodiversité. Depuis début janvier, un équipage de 35 personnes a investi l’Artic Sunrise pour collecter des informations sur les écosystèmes marins, identifier de nouvelles espèces de coraux et d’éponges et prélever des échantillons d’eau pour analyser les effets de la pollution liée aux micro-plastiques. Une mission scientifique inédite dans la région.

Une biodiversité fragile

Le continent Antarctique situé dans le pôle Sud est protégé depuis 1991. La seule activité humaine autorisée sur le territoire est d’ordre scientifique. L’océan Antarctique abrite de nombreuses espèces : des baleines bleues, des baleines à bosse, des calamars géants, des phoques… Une biodiversité exceptionnelle aujourd’hui menacée par les effets de la pêche industrielle. « Toute la chaîne alimentaire repose sur les krills, ce sont des petites crevettes qui sont consommées par la majorité de l’écosystème marin. Une baleine bleue en avale jusqu’à 500 kg par bouchée. Or, la pêche au krill menée par des pays comme la Norvège s’est accentuée ces dernières années. Ce Pays concentre la moitié du quota de pêche autorisé », précise Hélène Bourges, responsable des campagnes Océan à Greenpeace. Le krill se nourrit également de phytoplancton et absorbe le C02, il est donc très utile pour la planète. L’Antarctique reste également fragilisé par les effets du changement climatique. L’une des illustrations les plus récentes a été révélée par des chercheurs français du CNRS. Ils étudient depuis 2010, une colonie de manchots à l’Est du continent. Ils ont constaté lors de la dernière saison de reproduction que de nombreux petits sont morts de faim. La faute à la banquise qui s’est étendue après des changements environnementaux, obligeant les adultes à parcourir davantage de kilomètres pour chercher de la nourriture.

Vers la création d’une réserve marine en Antarctique ?

Pour l’association Greenpeace, la protection de cet environnement ultra-sensible aux variations climatiques doit passer par la création d’une réserve marine dans l’océan Antarctique sur une surface de 1,8 million de kilomètres carrés en mer de Wedell. En octobre 2018, les États-membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) se réuniront pour débattre de cette question. Les éléments recueillis durant la mission de l’Artic Sunrise sont destinés à convaincre l’Union européenne d’agir en faveur de la protection de la biodiversité marine au pôle Sud. L’association écolo souhaite mobiliser les citoyens en les invitant à  signer une pétition pour la création de ce sanctuaire marin qui deviendrait alors la plus grande réserve naturelle maritime de la planète. Une décision qui aurait des conséquences positives pour tous. « L’océan est un régulateur naturel du climat. Il est capable d’absorber le C02 et fournit la moitié de l’oxygène que nous respirons. Il est donc essentiel de le protéger », rappelle Hélène Bourges.


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