INITIATIVE LOCALE – Des « boîtes utiles » disséminées dans différents quartiers de la ville permettent d’échanger des objets, des vêtements et des livres et surtout de créer du lien social. 

« Une boîte située en plein cœur d’un quartier, où l’on viendrait déposer des objets inutilisés, au début personne n’y croyait à Nantes », lance Gaëlle Le Rezollier, fondatrice de l’association Nous&Co, à l’origine du projet. Trois ans après l’inauguration de la première boîte à dons dans le quartier de l’île de Nantes, le concept s’est diffusée dans quatre autres quartiers de la ville. L’initiative offre la possibilité aux habitants de déposer des livres, des vêtements et des objets dont ils n’ont plus l’utilité pour en faire bénéficier ceux qui en auraient besoin. Ces petites boîtes participent  à la lutte contre le gaspillage en incitant les citoyens à privilégier le troc, mais leur vocation première est surtout de créer du lien. Et c’est un succès ! Romans, téléviseurs, objets de décorations, lampes, matériel de puériculture, chaussures, les objets déposés restent en moyenne à peine 24 heures dans la boîte, véritable point de rencontre d’un système de troc local. Progressivement, ces boîtes utiles ont surtout permis de retisser des liens entre les habitants d’un quartier et d’encourager les habitants à faire vivre leurs quartiers.

Une aventure humaine positive

En trois ans, une seule boîte a été la cible d’incivilités, en l’espace d’une nuit, elle a été réduite en cendres par un incendie volontaire. Loin de décourager les habitants, la mésaventure a même consolidé les liens : « C’était très touchant d’observer la réactivité avec laquelle ils ont reconstruits ensemble, une nouvelle boîte », se souvient Gaëlle Le Rezollier. L’arrivée d’une boîte à dons dans un quartier se fait toujours à la demande des habitants », précise Gaëlle Le Rezollier. L’association Nous & Co facilite sa création en les accompagnant, mais l’impulsion est toujours d‘initiative citoyenne. La boîte est fabriquée entre voisins avec des matériaux récupérés et ils s’organisent ensuite pour assurer son entretien au quotidien. « C’est une véritable fierté pour eux, ils apprécient de construire quelque chose ensemble. Et la boîte est aujourd’hui un prétexte pour se rencontrer et échanger quelques nouvelles au cœur de chaque quartier. » Au printemps, certains habitants organisent des bourses d’échange de plantes et de graines, d’autres se mobilisent pour collecter des couvertures en période de grands froids pour les sans-abri. Durant les dernières fêtes de Noël, de nombreux Nantais ont participé à une opération solidaire destinée à offrir des cadeaux pour les personnes à faibles revenus.

Le rayonnement de l’économie du partage

Les boîtes à dons incarnent un esprit de partage et de proximité qui fait du bien au quotidien. Forte de ces expériences positives,  l’association Nous & Co est aujourd’hui en passe de devenir un interlocuteur privilégié avec la ville de Nantes dans le cadre de politiques favorisant le vivre ensemble. La métropole souhaite réaliser une place de village dans chacun des onze quartiers de la ville. L’idée est de créer de vrais lieux de rencontre, avec un composteur et, si l’espace le permet, des jardins partagés. Mais le rayonnement de l’initiative ne s’arrête pas au domaine public. Des bailleurs sociaux et des entreprises locales sollicitent aujourd’hui l’association pour l’installation de boîtes à dons. Petit à petit l’économie du partage trace son chemin et les valeurs écologiques qu’elles portent se diffusent dans le secteur privé : « Les entreprises souhaitent bien sûr agir pour la réduction des déchets, mais il y a une réelle volonté de recréer du lien entre les gens. Et c’est très enthousiasmant pour l’avenir », conclut Gaëlle Le Rezollier.


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