INITIATIVE LOCALE – Le Cocott’arium qui vient d’être inauguré à Neuville-sur-Oise (95) est un concept  à la fois écolo et collaboratif. Les habitants de la ville sont invités à recycler leurs déchets alimentaires en nourrissant  les poules pondeuses d’un poulailler urbain. 

« Ce projet amène de la production locale dans un milieu où on ne s’y attend pas. C’est ce qui nous a séduits ! », s’enthousiasme Christine Aboulin, conseillère municipale en charge de l’environnement, à Neuville- sur-Oise. Cette commune de 2 000 habitants, située en région parisienne, accueille désormais le premier poulailler urbain de France. Au centre du village, à quelques pas de la mairie, une grande volière en bois abrite aujourd’hui une dizaine de poules pondeuses. Si ce concept innovant a pu voir le jour, c’est grâce à la rencontre entre le maire de la ville et une jeune entrepreneuse hébergée dans la pépinière d’entreprises voisine : « Ce projet inédit était porteur de valeurs fortes : l’écologie, le développement durable et l’esprit collaboratif. Nous avons souhaité l’encourager en lui offrant un espace dans notre ville », poursuit Christine Aboulin.

Un concept écologique, pédagogique et solidaire

Le Cocott’arium ne se contente pas d’amener un air de campagne dans un milieu urbain. Sa vocation est de lutter contre le gaspillage  en incitant au recyclage des déchets alimentaires. Les habitants seront invités à venir  déposer les restes de leurs repas dans un collecteur situé à côté du poulailler géant. Ces déchets seront ensuite triés et serviront surtout à nourrir les poules. L’objectif à terme est de produire grâce à elles, chaque année, près de 2 000 oeufs frais qui seront ensuite vendus aux habitants de la ville.

L’idée de ce poulailler urbain est née dans l’esprit d’une jeune architecte d’intérieur de 32 ans, Aurélie Deroo. Il y a quelques années, lassée d’un rythme de vie harassant en ville, elle a décidé de s’installer à la campagne, dans le Val-d’Oise pour être plus proche de la nature. « Un Français sur deux habite en ville et ce chiffre risque fort d’augmenter dans l’avenir. J’avais envie de contribuer à mon niveau à reconnecter les citadins avec le vivant », explique-t-elle. L’objectif était aussi de créer du lien entre les habitants, et d’associer les écoles voisines à son projet. La jeune entrepreneuse va proposer des ateliers pédagogiques pour les enfants des écoles primaires de Neuville-sur-Oise. Ils seront invités à venir prendre des cours de cuisine pour découvrir différentes manières d’accommoder les œufs. Ils auront aussi la possibilité de s’initier au recyclage et au jardinage. Les enfants planteront les graines de céréales qui serviront à alimenter les poules.

Le concept comporte également un volet solidaire car le personnel d’entretien du poulailler  sera embauché en emplois d’insertion. Un partenariat sera mis en place avec les agriculteurs locaux pour échanger les déchets organiques des poules (qui sont des engrais naturels très efficaces) contre des paniers bio qui seront ensuite redistribués gratuitement aux salariés.


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