Fanny Agostini veut défendre la planète Terre sur Thalassa


Depuis septembre dernier, Fanny Agostini présente Thalassa, sur France 3. Nous avons rencontré la nouvelle présentatrice de l’émission dédiée à la mer, qui nous parle de ses convictions écologiques.

Lundi 13 novembre, sur France 3, Fanny Agostini remontait des casiers aux côtés des marins du Manureva, un crevettier au large de la Vendée. Puis, l’émission nous emmenait dans un élevage de crevettes bio à Madagascar, avant de revenir en France, à la découverte d’un élevage extensif (l’inverse d’intensif, car sans apport de nourriture), en Charente-Maritime. En filigrane, l’émission démontrait l’intérêt des modes de production responsables, et nous invitait à consommer mieux. Une tonalité écologique qui ne doit rien au hasard. Celle qui succède à Georges Pernoud estime que faire de la pédagogie, et passer quelques messages, fait désormais partie des missions qui lui sont dévolues.

« J’ai choisi de m’orienter vers le journalisme en sachant que mes aspirations profondes étaient tournées vers l’écologie, avec l’objectif de réussir plus tard à utiliser les médias comme une tribune pour développer ce qui m’anime vraiment », explique-t-elle, en faisant défiler son parcours. D’origine corse et auvergnate, elle a passé son enfance à La Bourboule (Puy-de-Dôme), avant de faire son lycée, puis une prépa Sciences Po à Clermont-Ferrand. C’est sa jeunesse dans le monde rural, avec une famille sensible à ces questions, qui a forgé ses aspirations écologiques, selon elle. « Et peut-être aussi les émissions que j’ai pu regarder le vendredi soir avec mon grand-père… », glisse-t-elle en faisant allusion à Thalassa. Car la jeune femme de 29 ans est une fan de la première heure du programme TV dédié à la mer. Elle doit d’ailleurs son poste à une candidature spontanée, envoyée après l’annonce du départ de son présentateur historique, au printemps.

Fanny Agostini, Thalassa

Les médias comme levier pour le climat

Son visage n’est pas nouveau sur le petit écran. Avant cela, Fanny Agostini a été présentatrice de la météo sur BFMTV, à partir de 2011. Avec, déjà, l’idée de faire passer quelques messages sur l’environnement. « J’avais deux solutions : soit je faisais le job qu’on me demandait de faire et je m’ennuyais très rapidement, soit je comprenais ce qu’on me racontait réellement et cela donnait un sens à mon métier », explique-t-elle. Elle a fait, à la même époque, la connaissance d’un ingénieur prévisionniste à Météo France, François Gourand, qui lui a donné quelques cours informels. Cela lui a permis de prendre mieux conscience des évolutions climatiques. Elle a participé à la constitution des cartes et textes, suivait en direct les phénomènes violents en France et à l’étranger, et réalisait des chroniques estivales sur des thèmes tels que le climat, l’eau ou encore l’agriculture, avec une « liberté éditoriale totale », selon elle.

« Les médias sont un levier formidable pour passer à la seconde », dit-elle à propos du climat. C’est pourquoi, en 2015, à la veille de la COP21, Fanny Agostini a monté le Climate BootCamps, à La Bourboule, aux côtés de l’ingénieur Cédric Ringenbach. Cet événement sur trois jours a pour but de former les journalistes et décideurs aux questions environnementales, en présence d’experts, dans une ambiance ludique et conviviale. La troisième édition s’est tenue cet été, avec comme invités « stars » la comédienne Marion Cotillard, le fondateur des Fermes d’avenir, Maxime de Rostolan, et une trentaine de professionnels dont « la direction de la rédaction d’Europe 1, Léa Salamé ou encore le directeur des Échos », se félicite-t-elle. Avec ce type de formation, elle espère donner des armes aux journalistes, pour comprendre ce sujet « éminemment d’actualité », mais pas toujours facile à évoquer, notamment dans les formats d’émissions courtes. Dans la même logique, elle donne des cours sur la politique de l’environnement au Studio école de France (Studec), école de radio où elle a elle-même été formée.

Une Amap dans le PAF

Défendre le climat, c’est aussi adopter un mode de vie plus écolo au quotidien. C’est ainsi que, l’an dernier, elle a monté, avec deux collègues de BFM, une association pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap) à NextRadioTV. Un lundi sur deux, les salariés du groupe viennent chercher leur panier de légumes bio à un maraîcher des Yvelines. « C’est un rendez-vous qui me fait du bien, qui facilite les échanges », explique-t-elle. Très sensible au sujet des pesticides, tout en affirmant qu’il faut ne faut pas diaboliser les agriculteurs, « des victimes qu’il faut évidemment accompagner », elle partage ses convictions avec son fiancé, directeur de la fondation GoodPlanet. « C’est ce qui nous lie tous les deux », dit-elle.

Comment insuffler ce vent vert dans le navire Thalassa ? « Il faut montrer les possibilités offertes par l’océan, qui n’est pas un réservoir de protéines, un terrain de jeu ou une poubelle, et mettre en avant des gens qui incarnent vraiment le changement, des pionniers, des visionnaires », estime la nouvelle présentatrice. « Si les médias ne peuvent pas mettre en exergue ces solutions, à quoi bon continuer ? » Elle évoque, par exemple, sa rencontre récente avec une bergère qui favorise une espèce rare, les moutons de l’Avranchin, du côté de la baie du Mont-Saint-Michel : « Une trentenaire enthousiaste qui œuvre pour le changement. » Fanny Agostini espère également montrer « le plus possible de personnages féminins ». Car si « Thalassa est originellement un monde de mecs, la mer appartient aussi beaucoup aux femmes ».

Mais le changement de barre ne peut se faire du jour au lendemain. « Il va falloir être patient, trouver le juste ton », affirme la présentatrice. Débarquer dans une émission qui a été incarnée par un personnage connu de tous pendant plus de 40 ans n’est pas chose facile. Les thématiques de ses premières émissions ont, en partie, été choisies avant son arrivée. Les équipes de l’émission travaillent depuis des années sur un long bateau aménagé en bureaux sur la Seine, au pied de France Télévisions, dans le 15e arrondissement. C’est là que Fanny Agostini passe ses journées à présent, quand elle n’est pas en tournage ou en repérage aux quatre coins de la France et d’ailleurs. « Mes nouveaux collègues m’apprennent beaucoup, c’est un travail collectif », dit-elle, prête à mettre toutes les voiles dehors pour trouver sa place, et son public.

Cet article est extrait du numéro 18 de UP le mag, que vous pouvez acheter sur notre boutique.

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