INITIATIVE – Nicolas Moufflet, en Charente-Maritime, conçoit des bouteilles à partir des déchets de la canne à sucre. Des contenants biodégradables et recyclables à l’infini, au contraire des bouteilles en plastique.

Depuis décembre 2016, près de deux millions de bouteilles ont été conçues dans ses laboratoires, situés à deux pas de Saintes, en Charentes Maritime. Leur particularité ? Les contenants sont biodégradables, compostables, recyclables à l’infini, contrairement aux contenants classiques d’eau minérale en plastique. Concrètement, cela signifie que si on les égare dans la nature, elles se décomposent naturellement. Nicolas Moufflet, président et fondateur de Lyspackaging en 2015, les a fabriqués à partir de bagasse, le résidu de canne à sucre.

Or, « avec la recette de base, nos produits ressemblent comme deux gouttes d’eau  aux bouteille classiques » dites hybrides, mixant du plastique d’origine pétrochimique à des matériaux biosourcés. L’astuce est alors d’incorporer un autre ingrédient – qui respecte la planète, naturellement – afin que le contenant change d’aspect, et soit reconnu du grand public. Et c’est là que ça devient intéressant car Nicolas Moufflet propose à ses clients – uniquement des entreprises, dans l’alimentaire ou non – des contenants… en rapport avec le contenu. On peut par exemple imaginer de l’huile d’olive dans une bouteille qui a été fabriquée avec des… noyaux d’olives broyés. « Elle aura même une odeur qui rappellera le contenu… », sourit-il, avant d’évoquer un contenant rempli de pralines et au bouchon conçu à partir de… cacao.

Unique au monde

Tout est possible, les bouteilles sont faites sur mesure, en fonction des demandes de la part de ses clients, qui vont remplir les flacons et les bouteilles de liquide, essentiellement, mais pas seulement.  Ses produits, Nicolas Moufflet les retrouvent dans des réseaux bio, et, demain, dans des supermarchés.

À sa connaissance, sa société est « la seule dans le monde » à produire des bouteilles de la sorte. Ses contenants sont vendus en France, mais aussi à l’étranger. Pour l’instant, la fabrication coûte plus cher, tout simplement dans la mesure où les quantités de produits sont assez limitées. L’écart est d’environ « quatre centimes » entre un contenant classique en plastique d’origine pétrolière et un autre 100 % végétal. Mais cette différence va s’atténuer dans les prochaines années, croit savoir le patron de Lyspackaging.

Dans 10 ans, plus de bouteilles en plastique ?

La société conçoit aussi des bouteilles à partir du pétrole – elles représentent même 80 % de sa production – mais elle le fera de moins en moins. Il espère que le rapport sera inversé dans douze mois. D’ailleurs, selon Nicolas Moufflet, ces bouteilles en plastique, qui terminent leur vie, pour certaines, dans la nature et dans l’océan, pourraient disparaître du marché d’ici… dix ans. « Du coup, les industriels vont devoir trouver des options. »

Des recherches sont en cours, lui a eu vent de « certains tests de formules à base de d’algues », glisse-t-il. Lui-même veut se développer et prépare le changement d’échelle. En 2018, son entreprise projette de vendre de 8 à 10 millions de bouteilles et réfléchit à des concepts de franchise à l’étranger. Les vegan bottles pourront être vendues dans le monde, dans le Nevada, aux États-Unis, en Haïti et en Arabie Saoudite.

France 3 a interrogé Nicolas Moufflet


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