INITIATIVE LOCALE – Une jeune entreprise toulousaine fabrique et propose des collecteurs de canettes aux fast-foods de sa ville. Des can’ivors, comme l’appelle son fondateur, pour inciter au recyclage.

Les Français sont sept sur 10 à consommer des cannettes, selon Le GIE La Boîte Boisson. En moyenne, chaque année, ils en boivent 76 par an. L’occasion se présente presque tous les jours, notamment pour  les étudiants, dans les sandwicheries, les kebabs ou, encore, les restaurants de burgers. Problème : parfois, le tri n’est pas fait, le plateau du repas, avec la boisson, est déversé dans la poubelle par les clients. Et les canettes terminent leur vie incinérées.

* La structure rassemble les trois principaux producteurs de canettes, Ardagh, Ball Packaging Europe et Crown, et les deux fabricants de matières premières, ArcelorMittal et Constellium, implantés en France.

CANIVOR

Charles Dauzet, fondateur de La Boucle verte, fabrique sa « can’ivor »

« Les petits commerces de ce type ne sont pas obligés de trier les déchets, regrette Charles Dauzet, fondateur de l’entreprise La boucle verte à Toulouse. Toujours sensibilisé au développement durable, Charles, 25 ans, crée sa boîte à la sortie de son école de commerce, la Toulouse Business School, et vise à percer dans la filière canettes.

10 can’ivors

Il propose d’abord de travailler avec des livreurs de bouteilles en métal afin de récupérer les canettes vidées. Mais son projet évolue rapidement, et il crée un collecteur de canettes à partir de bidons de ferrailles qu’il récupère dans les garages. Il repeint le tout et baptise cet objet «  can’ivor ». Une poubelle « fait maison » qu’il propose gratuitement à des petits commerçants toulousains pour les inciter eux et leurs clients à trier ces bouteilles en métal. Quand le collecteur est rempli, il vient chercher – une fois par semaine – le tout pour le revendre à des ferrailleurs 200 euros la tonne. « Cela fait 50 000 canettes, ce n’est pas très élevé », sourit le jeune homme.

Pour rémunérer son activité, par conséquent, il vend un espace de publicité qu’il colle à son can’ivor à des entreprises diverses et variées, comme des salles de concert ou d’autres structures liées au développement durable. Il ne s’est pas vraiment fixé de critères pour les choisir, mais il affirme cependant veiller à ne pas choisir des concurrents des fast-foods.

Depuis le démarrage officiel en avril 2017, dix restaurants rapides ont fait appel à lui, mais tout semble aller assez vite. « Il y a 15 jours, j’en étais à 5. » Récompensé par le prix de Toulouse Métropole, « AGIL’T Climat« , qui lui a donné un chèque de 5 000 euros, il est aussi accompagné par l’association toulousaine Synethic, qui aide les porteurs de projets d’économie sociale et solidaire. Charles Dauzet compte se développer rapidement : celui qui exerce une autre activité, au sein d’une association de sport extrême, « (se) donne quelques mois » pour tester le marché de manière plus approfondie. À Toulouse en premier lieu, mais aussi dans d’autres grandes villes, ce qui lui permettra, glisse-t-il, d' »embaucher » à l’occasion.


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