EN BREF – Début décembre, la fondation Ellen MacArthur a publié un rapport pointant les dégâts environnementaux provoqués par l’industrie de la mode. Pour y remédier, la fondation qui promeut l’économie circulaire propose un plan d’actions pour fabriquer des vêtements plus durables et recycler systématiquement tous les vêtements.  

« Depuis le 20ème siècle, les vêtements sont de plus en plus considérés comme jetables. L’industrie s’est fortement mondialisée, avec des vêtements souvent conçus dans un pays, fabriqués dans un autre et vendus dans le monde entier à un rythme de plus en plus rapide », explique la fondation Ellen MacArthur sur son site pour présenter les résultats de son rapport sur l’industrie de la mode intitulé  A new textiles economy : Redesigning fashion’s future (Une nouvelle économie des textiles : redessiner le futur de la mode) publié en décembre 2017. Cette tendance s’est accélérée avec le développement de la fast fashion, fondée sur le renouvellement des collections à un rythme toujours plus soutenu et des vêtements vendus à petits prix.  

Infographie issue du rapport « A new textiles economy : Redesigning fashion's future » publié par la Fondation Ellen MacArthur en décembre 2017

Infographie issue du rapport A new textiles economy : Redesigning fashion’s future publié par la Fondation Ellen MacArthur en décembre 2017

Résultat : en 15 ans, la production de vêtements a doublé, passant de 50 milliards de pièces environ en 2000 à plus de 100 milliards en 2015. Parallèlement, les consommateurs portent de moins en moins longtemps leurs vêtements, avant de les abandonner au fond de son placard ou de les jeter. Selon la fondation, chaque année, les consommateurs jettent pour 460 milliards de dollars de vêtements qui pourraient encore être portés. On estime ainsi qu’un camion rempli de vêtements est brûlé ou mis en décharge toutes les secondes. Et cette surproduction n’est pas sans conséquence pour l’environnement.

Entre la fabrication – à partir de matières premières non renouvelables, l’utilisation de beaucoup d’eau et d’engrais pour cultiver le coton et de produits chimiques pour fabriquer les tissus – mais aussi le transport et la destruction des vêtements, ce sont 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre par an qui sont produits. Sans compter que chaque année des milliards de micro-fibres de plastiques se retrouvent dans les océans à cause des lavages de vêtements en matière synthétique.

Infographie issue du rapport « A new textiles economy : Redesigning fashion's future » publié par la Fondation Ellen MacArthur en décembre 2017

La conclusion de la fondation est sans appel : ce modèle du toujours plus n’est plus tenable. Il faut en changer. Pour cela, elle préconise un plan d’actions fondé sur l’économie circulaire, selon lequel les vêtements devront être conçus de manière plus durable dès l’amont. Autres pistes : améliorer de manière significative le recyclage des vêtements et multiplier leur utilisation avec la location de vêtements notamment. En plus d’avoir un impact environnemental positif, en réduisant le nombre de microfibres rejetés dans l’océan, ce plan d’actions pourrait faire économiser 422 millions d’euros chaque année grâce au recyclage.

Pour en savoir plus sur cette question : découvrez mercredi 20 décembre notre dossier “La mode peut-elle être responsable et écolo ?” dans notre nouveau numéro de UP le mag à paraître ce jour-là.  Couverture UP18

Commentaires