EN BREF – Le photographe français Zen Lefort a suivi pendant trois mois la lutte historique de milliers d’Amérindiens et de militants écologistes contre un vaste projet d’oléoduc dans le Dakota.

Le Dakota Access Pipeline (DAPL) est un « serpent noir » de près de 2 000 kilomètres de long, servant à transporter du pétrole des grandes plaines du cœur des États-Unis jusqu’aux raffineries de l’Illinois. Les Amérindiens Lakotas de la réserve de Standing Rock, dans le Dakota, ont commencé à s’opposer à ce projet à partir d’avril 2016 quand ils ont réalisé que le tracé de l’oléoduc nécessitait de détruire un site sacré où sont enterrés leurs ancêtres. Ils s’inquiétaient également du risque de pollution de leurs ressources en eau en cas de fuite de l’installation.

U.S.A , Dakota du Nord,25 septembre 2016. Des militants amérindiens occupent le chantier de l’oléoduc. Crédit : Zen Lefort

Rapidement, d’autres militants ainsi que des écologistes et défenseurs des droits de l’Homme du monde entier ont rejoint leur lutte, constituant un vaste camp d’opposition pacifiste. C’est cet événement que Zen Lefort, 24 ans, affilié au studio Hans Lucas, a photographié entre septembre et décembre 2016. « J’avais entendu parler de cette contestation via de petits médias, je suis parti sans idée précise, même si je travaillais déjà sur les Amérindiens. Rapidement, je me suis lié d’amitié avec les opposants, en particulier un jeune de la tribu des Navajos, que j’ai suivi pendant des semaines », raconte-t-il. Installé dans un tipi, il est au plus près de la jeunesse amérindienne, entre traditions et modernité.

U.S.A , Dakota du Nord, 29 octobre 2016. Le chef spirituel des Lakotas, Arvol Looking Horse, s’apprête à négocier avec le Shérif de Bismarck au
devant du chantier. Crédit : Zen Lefort

Au-delà de la violente répression policière, dont témoigne une partie de ses images, le photographe retient l’ambiance sur le camp « sans électricité, dans le froid », mais avec une énorme solidarité, notamment entre les tribus. Une solidarité qui n’aura malheureusement pas permis d’empêcher l’aboutissement du projet, relancé par l’administration Trump après avoir été interrompu par Barack Obama. Le camp tiendra jusqu’à ce qu’en février 2017, face à la pression policière, les opposants quittent les lieux, dépités.

Infos pratiques :
Du mardi 28 novembre au jeudi 4 janvier

Paris Anim’ La Grange aux Belles , 6 rue Boy Zelenski, 75010 Paris – Métro : Colonel Fabien

Lundi : 10h-16h / 18h30-20h30
Mardi : 11h-16h30 / 19h30-20h30
Mercredi : 10h-14h / 18h-20h
Jeudi : 12h-14h / 16h30-20h30
Vendredi : 11h-16h / 18h30-20h
Samedi : 10h-17h


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