INITIATIVE LOCALE – À la boutique Stations Services, à Rezé, près de Nantes, les particuliers comme les pros peuvent venir chiner des matériaux récupérés auprès d’entreprises.

« L’idée m’est venu en allant faire une expo à New York en tant qu’artiste. J’ai découvert le projet Materials for the Arts, qui fournit des matériaux récupérés auprès d’entreprises à des artistes ou étudiants en art », raconte Philippe Comtesse, 40 ans et fondateur de l’établissement Stations Services, à Rezé, près de Nantes. Peinture, moquettes, ameublement… Les entreprises ont souvent des restes de chantiers qui peuvent servir à d’autres. C’est ce qu’on appelle le « réemploi ».

Hormis en Île-de-France, où il existe un projet de réemploi des matériaux d’entreprises appelé La Réserve des arts, pour les professionnels de la culture, ce type de projet n’existait pas en France. L’artiste a donc créé Stations Services en 2015, mais avec une particularité en plus. « Au départ, le magasin s’adressait uniquement aux professionnels, puis au bout de quelques mois il s’est ouvert aux particuliers, et ce fut une bonne chose, car ils constituent aujourd’hui l’essentiel de notre clientèle », explique Philippe Comtesse. La structure fait payer les entreprises qui donnent des matériaux. Mais, pour elle, c’est toutefois moins cher que d’investir dans le recyclage en décharge, payant et obligatoire.

Une démarche écologique, économique et créative

La vente de ces matériaux est également rémunératrice. Les clients viennent à Stations Services pour s’inscrire dans une démarche écologique, tout en profitant de prix 30 % moins cher en moyenne que dans un magasin de bricolage classique. Mais il y a aussi une dimension « créativité », souligne Philippe Comtesse. « Il faut parfois se creuser la tête pour imaginer des créations à partir des matériaux que nous récupérons. » Stations Services compte actuellement sept salariés à mi-temps qui exercent en parallèle dans les univers de l’art et du design. Leur connaissance du milieu leur permet d’avoir une vision des matériaux réemployables ou non. Car c’est aussi l’enjeu : « Nous ne jetons que 1 % des choses invendues qu’on récupère », affirme Philippe Comtesse.

Fort de son succès, Stations Services espère continuer à embaucher en 2018. « En décembre 2017, nous sommes à 92 000 euros de chiffre d’affaires et nous espérons augmenter ce chiffre de 150 % en 2018 », explique Philippe Comtesse. Par la suite, la structure, qui est actuellement une association, pourrait évoluer en SCOP et organiser, de manière plus formelle qu’elle ne le fait déjà, des ateliers de bricolage. Le modèle inspire par ailleurs d’autres projets similaires en France.


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