EN BREF – Plusieurs milliers de scientifiques ont signé une tribune paru dans Le Monde pour alerter sur la situation de la Terre. La biodiversité est en danger, et il convient de changer nos habitudes de consommation, proposent-ils.

Dans la communauté scientifique, la tribune, publiée par la revue BioScience et par Le Monde (daté du 14/11/2017), va faire date. Jamais un texte n’aura été signé par autant de chercheurs. 15 364, au total (dont un millier en France), ont associé leur nom à cette alerte visant à sensibiliser sur l’état de la planète. « Bientôt, il sera trop tard », écrivent-ils d’emblée, avant de pointer du doigt tout ce qui va mal (et ça fait froid dans le dos) : déforestation féroce, extinction de la biodiversité, notamment marine, raréfaction de l’eau douce, gaz à effet de serre… Tout cela s’est empiré sous la pression des activités humaines. « Détruire les écosystèmes revient à s’auto-agresser », glisse l’ancien président du Muséum national d’histoire naturelle Gilles Bœuf, interrogé par le journal du soir. Les signataires, explique Le Monde, invitent nos sociétés à changer de mode de vie. « Le temps presse. Nous devons prendre conscience, aussi bien dans nos vies quotidiennes que dans nos institutions gouvernementales, que la Terre, avec toute la vie qu’elle recèle, est notre seul foyer. »

Que faire, du coup ?

Ils proposent ainsi quelques mesures à mettre en place rapidement. Selon eux, il faudrait arrêter de raser les forêts notamment pour développer des zones d’agriculture. En outre, ils rappellent qu’il est nécessaire de lutter contre la défaunation, le braconnage, le trafic d’espèces menacées, mais aussi contre le gaspillage alimentaire. Ils invitent de plus les citoyens à réduire leur consommation de viande.

Les solutions se trouvent aussi du côté de l’école : dès l’enfance, il convient, écrivent-ils, de « multiplier les sorties en extérieur pour les enfants afin de développer leur sensibilité à la nature, et d’une manière générale améliorer l’appréciation de la nature dans toute la société« . Pour eux, il faudrait même encore réduire la fécondité dans le monde.

Concernant les énergies, l’idée serait, d’après les scientifiques, de « concevoir et de promouvoir de nouvelles technologies vertes et se tourner massivement vers les sources d’énergie vertes tout en réduisant progressivement les aides aux productions d’énergie utilisant des combustibles fossiles« .

C’est la deuxième fois que que les « scientifiques du monde » adressent une telle mise en garde à l’humanité. La première fois remonte à 1992 et à l’issue du Sommet de la Terre à Rio (Brésil). A ce moment-là, 1 700 chercheurs, dont une centaine de prix Nobel, avaient signé la tribune, rappelle Le Monde.


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