EN BREF – Et si on testait le revenu universel pour faire avancer le débat ? À l’initiative de Julien Bayou, porte-parole d’EELV, une association a lancé une campagne de crowdfunding pour  récolter des fonds et verser 1 000 euros par mois à au moins une personne tirée au sort. Le projet plaît : presque 1 000 personnes ont versé au moins 33 euros.

Benoît Hamon a fait de sa mise en œuvre un axe de bataille. Durant la campagne présidentielle, il a défendu corps et âme l’instauration d’un revenu universel en France. Le sujet n’a pas été retenu, si l’on se fie au score du candidat socialiste, éliminé dès le premier tour du scrutin. Or, certains continuent de soutenir cette initiative pour répondre au défi du chômage de masse. C’est le cas, notamment, du parti EELV, qui avait d’ailleurs soutenu Benoît Hamon.

La mise en œuvre d’un revenu de base ruine-t-elle les caisses de l’État ? Cette source de revenu, sans condition aucune, incite à ne plus chercher de travail ?  Pour répondre à ces questions assez complexes, et poursuivre le débat, l’écologiste Julien Bayou, largement favorable à la mesure, a la solution. Plutôt que d’échanger des arguments entre opposants et partisans, autant… tester l’outil. « Notre objectif est d’interpeller l’opinion publique sur ce sujet et faire la preuve que c’est possible« , affirme-t-il.

Il suit ainsi les pas d’une association à Berlin, qui, grâce à des campagnes de crowdfunding, finance des revenus de base distribués à des personnes tirées au sort…

1 000 euros par mois pendant un an

L’association Mon revenu de base, qui ne dépend d’aucune formation politique, a été créée, et les opérations de financement par la foule ont démarré. En quelques jours, presque mille personnes ont participé et chacun a donné la somme de son choix (soit 33, 100, 250 ou 1 000 euros, soit un montant personnalisé). Ainsi, plus de 24 000 euros ont été récoltés, ce qui permettra de financer deux revenus de base, à savoir 1 000 euros par mois pendant un an.

Principe du jeu : chaque fois que la cagnotte franchit la barre des 12 000 euros, un tirage au sort doit être effectué (le premier tirage n’a pas encore été fait). Il n’est pas nécessaire de contribuer à l’effort financier pour  participer au concours, l’inscription est gratuite. Et bon à savoir : le versement aux personnes tirées au sort ne demandera aucune contrepartie. L’association espère que le premier revenu universel sera versé avant Noël.

À retrouver aussi : notre dossier « L’emploi est mort, vive le travail » dans la 15e édition du UP.

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