INITIATIVE LOCALE – Pour sensibiliser les professionnels  du cheveu, la chambre de métier et de l’artisanat de Lozère a mis en place un label « coiffeur nature ». Sur place, ils trient les déchets, économisent l’eau lors des shampoings et utilisent des produits plus respectueux de la planète.

En Lozère, parmi les 70 salons de coiffure du département le moins peuplé de France, certains essayent de se démarquer. Ils sont neuf en tout, et accolent, à leurs vitrines, un petit flyer mentionnant l’appartenance au label « coiffeur nature ». Un précieux sésame porté, depuis 2011, par la chambre des métiers du département. Le but du jeu : sensibiliser les professionnels à l’utilisation de certains produits, parfois nocifs et chimiques, comme la coloration. Les inciter à se bouger, à faire leur part du colibri, mieux protéger l’environnement.  Et ce, sur plusieurs points.

Les coiffeurs trient leurs déchets, économisent l’eau et propose des shampoings et des soins respectueux de l’environnement.

Pour obtenir la récompense, il faut répondre à trois exigences. D’abord au niveau du tri des déchets. Les coiffeurs nature sont invités à « posséder trois bacs« , explique Sandrine Gimbert, responsable du dossier à la chambre de métier. Outre la benne pour les déchets recyclables et celle sur les déchets ménagers, il doit y en avoir une pour les déchets toxiques, comme les tubes des produits de coloration vides ou entamés et tout ce qui a pu toucher les préparations chimiques.

« On incite les professionnels, poursuit-elle, à jeter le moins possible et on prône le réemploi. » Chez un coiffeur, la plus grande part des ordures ménagères concerne les cheveux coupés, que certains… donnent à leurs voisins. « Cela peut leur servir de repoussoir près des potagers », sourit Sandrine Gimbert. Les cheveux éloignent en effet les prédateurs, tels des lapins, rôdant dans les parages, près des plantes…

Moins d’allergies pour les coiffeurs ?

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Ensuite, les coiffeurs, qui se font labellisés gratuitement, sont amenés à prendre des mesures visant à économiser de l’énergie. Chacun son truc. Pour les uns, cela va consister à essayer de moins consommer l’eau lors du shampoing des clients. Pour les autres, à éteindre la veilleuse en vitrine, à choisir des sèche-cheveux économes. « Tout dépend de la situation du coiffeur, qu’il soit propriétaire ou locataire, cela peut tout changer. »

Enfin, chaque labellisé est censé proposer des shampoings plus respectueux de la planète. « Mais on ne les oblige pas à supprimer leurs marques classiques », précise-t-on à la chambre de métier et de l’artisanat de Lozère. Par exemple, la coiffeuse de Saint-Chély-d’Apcher Claudine Criner, première à avoir sauté le pas dans le département, a opté pour des soins préparés avec des huiles essentielles et des plantes. Interrogée par Midi libre, elle précise : « On travaille particulièrement avec le beurre de karité pur. Ces produits sont moins agressifs pour le cuir chevelu. Puis c’est un confort de travail pour le personnel. Les allergies aux produits diminuent. »


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