#3Novembre11H44… et 9 secondes. La donnée est précise. Une autre, elle, est préoccupante. D’après une étude provenant de l’organisme Eurostat, les femmes sont moins payées que les hommes de 15,8 %.  Pour se révolter contre cette inégalité, le mouvement des Glorieuses se mobilise en soulignant qu’en cas d’égalité des salaires en France, les femmes pourraient s’arrêter de travailler le 3 novembre 2017 à 11h44, et gagner autant sur l’année 2017. Elles nous invitent à rejoindre l’aventure en signant une pétition et en partageant leur message sur les réseaux sociaux. Elles encouragent les femmes à s’unir entre collègues et négocier leur salaire, tout en rappelant que les pratiques des entreprises et les politiques publiques peuvent aider à changer la donne. Rencontre avec la fondatrice des Glorieuses, Rebecca Amsellem.

UP le Mag  : Pourquoi avoir initié ce mouvement ?

Rebecca Amsellem : L’idée était de faire écho à la mobilisation que nous avions déjà faites l’année dernière, et de montrer qu’il y avait plusieurs niveaux d’éléments. Le premier, c’est qu’on a constaté que les femmes étaient encore moins payées par rapport aux hommes. On voulait mettre en lumière cet échec, cette absence de progression sur la durée. On voulait confronter le politique face à cette question-là.

Le 3 novembre à 11H44, les femmes vont travailler bénévolement. L’affiche de la mobilisation. Crédit : Les Glorieuses

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Que répondez-vous à ceux qui vous disent que ce n’est qu’un coup médiatique ?

Ça ne peut pas l’être, parce que c’est vraiment une action de sensibilisation sur un problème qui touche 52 % des français. Si certains assimilent ça à un « coup médiatique », c’est leur problème. L’objectif est dans un premier temps de sensibiliser l’opinion publique, pour souligner notamment cette inégalité salariale criante, une question dont on ne parle pas forcément tous les jours. Et dans un deuxième temps, de dire qu’on peut toutes et tous agir à notre échelle pour faire bouger les lignes. Il y a des politiques publiques qui peuvent être mises en place comme ça a été le cas en Islande, en Norvège ou en Suède. Au niveau des entreprises, c’est évident, car ce sont des acteurs qu’il faut responsabiliser, en augmentant tout simplement les femmes de 15,8 %. Il n’y aurait ainsi plus de problème d’inégalité salariale.

Les pays nordiques en exemple

L’Islande, la Norvège et la Suède sont en tête du classement de l’égalité des sexes selon le Global Gender Report, le rapport mondial sur la parité. La Norvège se distingue par le nombre élevé de femmes dans l’administration (45 %). En outre, ce pays s’est fait remarquer sur la scène internationale, notamment en instaurant l’égalité salariale dans la sélection de leurs équipes de football. Quant à l’Islande, un projet de loi impose l’égalité salariale entre femmes et hommes, avec contrôle régulier pour vérifier si la mesure est respectée, avec sanctions si tel n’est pas le cas. En Suède, on compte 12 femmes pour 23 ministres… et elles sont mieux payées que les hommes. En effet, les femmes haut-fonctionnaires et dirigeantes gagnent en moyenne 100 euros de plus que leurs confrères masculins.

Vous avez lancé il y a quelques mois une plateforme nommée « Les femmes ont le pouvoir ». Quelle est son action quotidienne concrète ?

C’est le bras politique des Glorieuses. On s’est rendu compte, au fur et à mesure des années, qu’on faisait de plus en plus d’actions politisées. Ce qui est inhérent à n’importe quel projet féministe. L’idée est d’étudier ce que les politiques font concrètement pour les droits des femmes. C’est aussi un groupe de réflexion, d’avancement et d’action politique sur Facebook pour les femmes et les hommes échangent de bonnes pratiques dans le monde afin de voir sa réalisation possible en France.

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