EN BREF – L’association UFC-Que Choisir dénonce les conséquences de l’agriculture intensive sur la qualité de l’eau et l’inaction des pouvoirs publics.

Les pesticides sont massivement présents dans les cours d’eau de la moitié du territoire français et dans le tiers des nappes phréatiques. Quant aux nitrates, ils ont contaminé de plus en plus de nappes phréatiques entre 1996 et le début des années 2010, au point que 43% des nappes dépassent aujourd’hui la valeur guide européenne. Tel est le constat dressé par l’association UFC-Que Choisir, qui a décidé d’alerter sur ce sujet à l’occasion des États généraux de l’alimentation.

Dans le viseur de la campagne «S. eau S.» lancée par l’association : l’agriculture intensive. « Les données fournies par les professionnels eux-mêmes montrent que les quantités d’engrais à l’origine des nitrates n’ont pas baissé en vingt ans et que l’utilisation des pesticides a même augmenté de 18% en 5 ans », écrit UFC-Que Choisir.

Un coût pour les citoyens

Cela a pour conséquence d’augmenter toujours plus les coûts des traitements permettant de rendre l’eau à nouveau potable. Pourtant, selon l’association, c’est bien plus les consommateurs lambdas qui en paient les conséquences, via leur facture, plutôt que les agriculteurs, peu pénalisés.

L’association dénonce également la responsabilité de l’agriculture intensive dans les restrictions d’eau. 84 départements ont en effet connu des restrictions d’eau durant l’été 2017, dont 37 en situation de « crise ». La carte des restrictions d’eau se confond avec celle des départements où l’irrigation intensive est la plus pratiquée, constate UFC-Que Choisir.

Pour dénoncer cette situation, UFC-Que Choisir vient de lancer une pétition. Elle réclame que les aides publiques encouragent plus les modèles agricoles moins consommateurs de pesticides, d’engrais et d’eau. Elle demande également que les agences de l’eau remplissent mieux leur rôle de prévention sur ce sujet et que soit mise en place une application stricte du principe de justice « préleveur-pollueur-payeur ».


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