Le film « L’intelligence des arbres » est sorti ce mercredi 27 septembre en salles. On y apprend que les plantes peuvent prendre conscience de leur environnement et que les arbres entretiennent des relations entre eux pour se protéger, et ce, via l’important réseau racinaire. UP le mag a visionné le film en avant-première.

Le documentaire déclenche en nous l’envie de se ressourcer, de quitter le bureau pour rejoindre, au plus vite, une forêt, loin des bruits de la ville. Le silence, rien que le silence, et quelques bruits d’oiseaux. Juste pour oublier les tracas du quotidien et se concentrer sur les arbres et les multiples végétaux qui poussent autour de soi. « On a besoin de revenir vers la nature », confirme durant le film François Bouteau, maître de conférences à l’Université Paris-Diderot et chercheur au Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain. Un besoin même indispensable pour celles et ceux souffrant d’un traumatisme né d’un manque de vert (le syndrome du manque de nature).

En plus, cela vaut le coup. Entrez dans une forêt et vous découvrirez plus qu’une simple succession de plantes et de troncs. Vous découvrirez alors un véritable écosystème composé d’éléments vivants et connectés les uns aux autres. C’est en tout cas le principal message que délivre le documentaire, en salles depuis ce mercredi 27 septembre. Certes, l’oreille humaine ne peut les détecter, mais les plantes émettent des sons ; par exemple dans le but de s’adapter à un sol trop sec. Des lianes, par exemple, sont en outre capables, en traversant des arbres de famille différente, de mimer la forme des feuilles desdites espèces qu’elles touchent.

Des arbres sont « en couple »

C’est bien que la plante a la possibilité de reconnaître son environnement et de s’en accommoder. Encore mieux : les arbres peuvent se reconnaître et éventuellement se protéger. Les feuilles de deux arbres d’une même espèce, qui poussent côte à côte, vont avoir tendance à se développer les unes sur les autres, ne laissant à l’une d’entre elles que peu de lumière du jour. La solution : que l’arbre « fort » décale sa feuille pour que l’autre puisse en profiter et, ainsi, grandir naturellement.

Et la « solidarité » ne s’arrête pas en si bon chemin : Peter Wohlleben, interrogé après avoir rédigé un best-seller (que nous avions chroniqué sur le site de UP), explique au passage que les arbres « mères » protègent les arbres « jeunes », et ce, grâce au réseau important des racines – que certains chercheurs comparent au réseau internet – permettant l’échange de nutritions. « C’est comme de l’amitié, sourit-il, avant de parler carrément d’arbres « en couple » qui vivent ensemble, s’entraident… Et c’est parce qu’il souhaite que ses semblables protègent mieux les forêts (en laissant se développer les arbres seuls et de façon naturelle) que le forestier allemand aime à décrire ces relations si singulières (validées par la science). Des relations qui peuvent, encore mieux, servir de modèle pour l’agriculture : les adeptes de la permaculture ont d’ores et déjà sauté le pas en reproduisant, dans des potagers, ce qu’ils ont observé en forêt !

Le film L’intelligence des arbres (Julia Dordel, Allemagne, 2017, 45’) est accompagné d’un autre documentaire, Les trésors des plantes (Jan Roeloffs, France, 2017, 35’). Les deux sont reliés comme des arbres dans une forêt. Pour connaître les lieux des séances, rendez-vous sur le site Jupiter-films, le distributeur.


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