INITIATIVE – L’association Hackers Against Natural Disasters (HAND) porte assistance aux populations isolées dans les Caraïbes en établissant des communications wifi et radio.

Quand tout est dévasté, comme actuellement sur les îles de Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Anguilla, Antigua et Barbuda après le passage dramatique de l’ouragan Irma, apporter des secours, à boire, à manger, est primordial. Mais, en même temps, s’ajoute le besoin, pour les victimes et les ONG, de pouvoir communiquer pour s’informer mutuellement des besoins et rassurer ses proches, ainsi que d’avoir une idée de la localisation des différents dégâts. Cette problématique, l’association Hackers Against Natural Disasters la connaît bien. « La communauté OpenStreetMap (qui créé des cartes en licence libres, ndlr), a été sollicitée à chaque catastrophe naturelle depuis le séisme d’Haïti en 2010 », explique Gaël Musquet porte-parole d’OpenStreetMap France. Concrètement, cette communauté de bénévoles actualise, à partir d’images satellites, les cartes des territoires dévastés. C’est ainsi qu’une cinquantaine de personnes, aux quatre coins du monde, se sont activées derrière leurs ordinateurs pour réaliser, en quelques heures, quelque 300 000 modifications aux cartes des territoires touchés par Irma. Des cartes précieuses pour les autorités et les ONG.

Un moyen d’éviter les rumeurs

Afin de mieux anticiper les catastrophes, Gaël Musquet, originaire de Guadeloupe, mais résidant en Hexagone, a créé, en 2011, l’association Hackers Against Natural Disasters pour « former des gens et fournir du matériel dans ces territoires (les Caraïbes, ndlr) régulièrement en proie à des crises divers ». Ces «hackers» s’exercent régulièrement via des simulations en ligne et en Guadeloupe. Actuellement, une équipe de coordination au fablab de Jarry, en Guadeloupe et une équipe à Saint-Barthélemy aident les ONG et autorités à rétablir des connexions wifi et radio, en partenariat avec l’association TSF.

« L’idée est de rétablir l’accès à Internet dans les quartiers isolés et d’installer des liaisons wifi longues distances sur des dizaines de kilomètres, pour créer un réseau de solidarité numérique entre Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Anguilla, Antigua et Barbuda », explique Gaël Musquet. « Quand les gens ne savent pas d’un bout à l’autre de l’île ce qu’il se passe, ça favorise des rumeurs, des choses qui ne sont pas très positives », rappelle-t-il.

Des projets sur le long terme

Toutefois, « comme l’incident cyclonique n’est pas terminé, avec un risque d’autres catastrophes, nous envoyons du matériel supplémentaire », explique le fondateur de HAND. L’association fait actuellement une campagne de dons pour rembourser l’achat du matériel qu’elle a envoyé et celui qui doit encore partir. « On se coordonne pour savoir au maximum exactement ce dont ils ont besoin sur place : panneaux solaires, batteries, points d’accès wifi etc. », précise Gaël Musquet. L’argent doit aussi servir à envoyer des équipes et penser à l’après. « Ce matériel-là restera sur place. On n’est pas une ONG qui arrive et qui repart. Nous voulons venir dans quelques semaines faire des formations et consolider les infrastructures pour qu’elles deviennent définitives, que les gens puissent les utiliser au quotidien, pas uniquement quand il y a une crise ou un exercice », poursuit le hacker citoyen, qui parle de « culture du risque numérique ». Il n’est pas encore trop tard pour faire un don ou découvrir comment collaborer sur OpenStreetMap.


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