EN BREF – Le cyclone Irma a causé de très nombreux dégâts matériels et humains. Ce genre de phénomènes violents vont-ils de plus en plus se reproduire ?

Les faits

Le bilan du cyclone de catégorie 5 (le maximum sur l’échelle d’intensité des ouragans) est lourd. Selon le dernier décompte du 8 septembre au petit matin, au moins douze personnes ont perdu la vie après le passage de l’ouragan Irma sur les îles des Caraïbes, dont quatre à Saint-Martin dans la partie française, une autre dans la partie néerlandaise de cette île, quatre aux îles Vierges, une à Barbuda, puis deux à Porto-Rico. Les images enregistrées montrent des rafales qui ont dépassé parfois les 300 km/h, et qui ont tout dévasté, tant les logements que les voitures et la végétation. « 95 % des habitations sont touchées, et 60 % sont inhabitables », a expliqué le Premier ministre  Edouard Philippe, qui a déclaré l’état de catastrophe naturelle pour que les assurances prennent en charge les réparations. En attendant, les premiers secours s’organisent, tandis que le cyclone Irma est attendu à Cuba et au niveau de la Floride, ainsi qu’en Caroline du Sud.

Les affirmations des politiques

« Ce sont des peuples européens qui sont touchés, parfois des peuples très pauvres. Cette émotion n’est sincère et conséquente que si ceux qui les éprouvent veulent (…) s’attaquer aux causes profondes qui créent ce type d’événement. L’engagement contre le réchauffement climatique nous touche tous et toutes« , a expliqué le chef de l’Etat Emmanuel Macron à Athènes.

Anne Hidalgo, aussi, a lié la tragédie au réchauffement climatique.

Et les experts, qu’en disent-ils ?

« Des cyclones d’une intensité plus grande sont l’une des conséquences attendues du changement climatique, explique, sur France info, Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, le groupe de référence au niveau mondial sur le climat. Plus la température de l’eau et le taux d’humidité sont élevés, plus le cyclone peut prendre de l’intensité. Or, ces deux éléments sont plus intenses du fait de l’augmentation de l’effet de serre, explique la climatologue. On considère qu’il y a 7% d’humidité en plus dans l’atmosphère par degré de réchauffement. »

Toutefois, il est difficile d’établir des certitudes et notamment sur la question de savoir s’il y aura toujours plus de phénomènes de la sorte et si la force des vents sera de plus en forte à l’avenir, veut croire Robert Vautard, chercheur au CNRS, questionné par le Huff Post. Lui (et d’autres) penchent sur une légère baisse du nombre de cyclones tropicaux. En revanche, confirme Robert Vautard, ce qui est plutôt sûr,  c’est que « les impacts des cyclones vont augmenter, car l’atmosphère va se réchauffer et donc contenir plus d’eau. Cela veut dire plus de pluie ». Et qui dit plus de précipitations, dit plus de dégâts.  Et comme le niveau de la mer augmente, quand un ouragan frappera une côte, il sera en mesure de causer davantage de dégâts…

Pour aller plus loin : Lire « Avec le changement climatique, des cyclones plus intenses » de chercheur au Centre national de recherches météorologiques à Météo France (The Conversation)

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