EN BREF – Deux militants de l’association de défense des animaux sont jugés depuis lundi 4 septembre au tribunal de grande instance de Versailles. Et ce, pour s’être introduits, en décembre dernier, dans un abattoir de Houdan, dans les Yvelines, et y avoir placé des caméras filmant notamment l’étourdissement des porcs au CO2.

Ils comparaissent pour « violation du domicile d’autrui » et « tentative d’atteinte à la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image  « . Problème, leurs avocats estiment que l’infraction visée ne peut s’appliquer, puisque, dit-il, « autrui » est l’abattoir, c’est-à-dire une personne morale.

Les deux personnes jugées ont caché en particulier une caméra sur une nacelle descendant les cochons dans le puits où ils sont étourdis au CO2 avant d’être saignés. En raison de la chute d’une caméra a été découvert leur action et ils ont été interpellés alors qu’ils venaient de récupérer leur matériel dans la nuit du 12 au 13 décembre 2016, écrit Le Parisien.

Mais l’association de défense a pu, toutefois, mettre en ligne certaines images en juin montrant la mise à mort des animaux. Le premier jour du procès, le co-détenu a expliqué, selon la journaliste du Monde Audrey Garric, présente au tribunal,  « qu’il avait reçu un signalement concernant l’abattoir de Houdan et (était) entré en contact avec ce lanceur d’alerte« .

Les prévenus risquent un an de prison et 15 000 € d’amende pour le premier chef d’accusation et un an de prison et 45 000 € d’amende pour le second.

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« Actions utiles »

Le procès est une première dans la mesure où, souvent, les vidéos diffusées par L214 sont tournées par des personnes internes aux établissements incriminés, ou y ayant accès. Et non par des militants eux-mêmes. Ces derniers estiment que la pratique, qui consiste à étourdir les animaux au CO2 avant la saigne, est « longue et douloureuse », même si ce n’est pas illégal. L214 demande l’interdiction de cette pratique.

A l’AFP, l’un des conseils, Caroline Lanty, a expliqué que ses clients « ont le sentiment de mener leurs actions de façon utile, sans dégrader et sans porter atteinte aux salariés« .


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