Le festival Cabaret Vert s’est tenu du 24 au 27 août à Charleville-Mézières. UP le Mag y était. Reportage.

Le festival Cabaret Vert fait partie des gros événements musicaux de l’été. Cette année, Justice, Jaïn, The Kills, The Blaze, Petit Biscuit, ou encore Korn étaient à l’affiche. Et nous étions dans le public. Nous ne vous parlerons pas de la musique, car ce n’est pas la spécialité d’UP le Mag. En revanche, lors de ce festival qui se revendique éco-responsable, nous avons noté une série de « petits plus » non musicaux qui ont rendu les festivités plus agréables. Les voici !

Une force bénévole incroyable

Comme de nombreux festivals en France, le Cabaret Vert est organisé par une association (ici, FLaP), avec l’aide bienveillant de nombreux bénévoles, près de 2 000 plus exactement. À l’accueil, au bar, mais aussi en coulisse, avant et après le festival, des personnes de tout âge, pas forcément du coin, se mobilisent pour faire vivre l’événement, avec le sourire évidemment.

Une équipe nous a particulièrement impressionnés : les « trieurs ». Sur le côté de la scène principale, une quinzaine de personnes récupèrent en continu les sacs poubelles de recyclables (les jaunes) pour en séparer les éléments jetés par inadvertance par les festivaliers. Ils mettent aussi à part les bouchons et les gobelets, qui ont des filières de recyclage séparées.  Certains bénévoles nous ont confié faire cette mission depuis plus de 8 ans, avant tout parce qu’ils sont contents d’être « entre potes dans une bonne ambiance ».

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L’écologie intelligemment

Comme dit précédemment, au Cabaret Vert, les gobelets partent à la poubelle. Cela nous a étonnés, habitués que nous sommes à présent aux gobelets consignés dans la plupart des événements culturels. Sauf que les désormais connus écocups ne sont pas forcément la meilleure solution.  « Les gobelets consignés, ça fonctionne uniquement si les gens les ramènent, sinon il faut en refaire et là ça a un coût (financier et environnemental, ndlr). De plus, on a aussi pris soin de créer une filière de recyclage pour nos gobelets. Pour moi, un festival qui mettrait juste des écocups en avant comme démarche écoresponsable, ça peut être du greenwashing », nous a expliqué Yves Schneider, président de l’association FLaP.  Voilà qui est dit.

« Dès la première année ça faisait partie des axes du festival d’avoir un impact environnemental moindre. En fait, on était une bande de copains et il y en a un qui n’aimait pas spécialement la musique, mais il est arrivé en proposant de s’occuper du tri, et c’est monté en puissance d’année en année », raconte-t-il.  On a pu constater l’effort, avec un petit coup de cœur pour les urnes des cendriers arborant des sondages rigolos. C’est typiquement ce qu’on appelle un nudge : inciter les gens à faire un geste écologique sans qu’ils ne s’en rendent compte.

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La pluri-disciplinarité

La musique c’est bien, multiplier les expériences, c’est encore mieux. Quoi de mieux pour se remettre calmement des festivités que d’assister à une conférence ou une projection. Sur le lieu du festival, il y avait un espace cinéma (avec des films engagés, évidemment), un village associatif pour découvrir les associations locales et écologistes et assister à des conférences, ainsi qu’une salle entière dédiée à la BD, en présence de nombreux dessinateurs… Pas le temps de s’ennuyer ! Et c’est aussi une bonne manière d’amener les festivaliers vers des univers où ils ne seraient pas forcément allés naturellement. On a aussi pu voir des spectacles, des manèges, des anciens jeux en bois et des installations à l’espace « Le temps des freaks », dédié aux arts de rue. Un univers poétique et ludique offrant une belle respiration durant le festival.

La « bonne bouffe »

Le festival met un point d’honneur à servir des productions locales et si possibles bios. Côté « bonne bouffe », il y avait donc le choix et des stands variés. Nous avons testé la tarte aux maroilles, la salade œuf poché et épinards ou encore la poutine, et c’était copieux et bon !


Les amateurs de bière étaient servis, avec, en tout, selon les organisateurs, une quarantaine de bières différentes proposées. Un stand proposait ainsi 4 bières différentes chaque jour, issues de micro-brasserie à moins de 200 kilomètres. Selon Jean Perrissin,  responsable développement durable du festival, cet aspect est très prisé des festivaliers. « Le jour où on arrête les bières, on perd 30 % du public », nous a-t-il confié (on rappelle toutefois que -même quand la boisson est savoureuse -, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé).

 

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Petite nouveauté du festival : un espace avec des étalages de marché, et pas seulement le dimanche. C’est ainsi qu’on a pu goûter la délicieuse guimauve maison des safranières d’Aiglemont, mais aussi découvrir des nouvelles variétés de courge, car un maraîcher proposait des légumes à déguster tout cru. Original !

Un événement abordable

Un pass 4 jours à 89 euros (en prévente), les billets 1 jour à 36 euros et un prix de unique de 5 euros pour le dimanche. À l’heure où certains festivals atteignent des prix records, le Cabaret Vert a le mérite de rester abordable. Même chose pour la nourriture : « On se bat pour garder des prix attractifs, avec des plats moyens pour 6 euros », affirme Jean Perrissin. Cela permet de continuer d’accueillir un public varié. Cette année se sont  pas moins de 98 0000 personnes, dont 60 % de non-ardennais qui auront pu profité de toutes ces belles choses !


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