La plateforme de financement participatif Ôboem vient d’être lancée ! Elle permet d’afficher des œuvres d’art sur des emplacements publicitaires.

Nous parlions de ce projet il y a quelques mois, dans un article consacré aux initiatives visant à remplacer la pub par l’art dans nos villes. La start-up Ôboem vient de lancer sa plateforme participative pour financer l’affichage d’œuvres d’art sur des emplacements publicitaires.

« On souhaitait permettre aux gens de profiter différemment de leur espace public, tout en leur donnant l’occasion de remettre en question les messages souvent trop consuméristes auxquels ils sont beaucoup exposés. L’idée d’Ôboem est de permettre une réappropriation de ces espaces visuels, par la population, en lui permettant de choisir le contenu affiché. C’est une manière pour elle de prendre plus de contrôle sur les choses », affirment Oliver Moss et Marie Toni, cofondateurs d’Ôboem. L’idée leur est venue lors qu’ils ont visité la ville très colorée de Valparaiso, au Chili, qui leur a donné envie d’offrir plus de place à l’art dans les villes.

Des contributions, des contreparties

Sur Ôboem.com, l’internaute peut choisir l’œuvre de l’artiste qu’il préfère et lui apporter une contribution financière. En échange, il recevra une contrepartie : une carte postale pour 10 €, un carnet pour 20 €, une affiche pour 30 €, une affiche encadrée pour 50 € ou une toile pour 100 €. Mais surtout, l’argent récolté permettra d’afficher les œuvres sur des espaces publicitaires du taille  2 m² (format abribus).

« Toutes les œuvres seront affichées, mais celles qui auront eu le plus de contributions auront le plus d’espaces », explique Oliver Moss, cofondateur du projet. Un objectif de 1 000 euros a été affiché pour chaque œuvre, à titre indicatif, pour donner une idée du budget. Pour leur première campagne, les initiateurs du projet ont choisi 19 œuvres d’artistes variés des quatre coins de la France. « Nous avons sélectionnés nos propres coups de cœur sur Internet et dans des galeries, des œuvres colorées que les gens pourront repérer de loin. Mais par la suite, nous voudrions créer un réseau de curateurs », explique Oliver.

« Un medium où on ne l’attend pas »

L’artiste Basto a été sélectionné pour son œuvre #Springbreak I, pour cette première édition. « Ils m’ont contacté il y a quelques mois et j’ai accepté car l’idée me plaisait bien. En tant que street-artiste, on est souvent sollicité pour toutes sortes de projets. Je ne dis pas toujours oui, mais là j’ai été séduit par l’idée de se réapproprier la rue via un medium où on ne l’attend pas. De plus, originaire de Marseille, j’ai été exposé en galerie ou en extérieur dans plusieurs villes, mais jamais à Bordeaux, donc cela me permettra d’y être visible », explique-t-il. Les artistes ne sont pas rémunérés via les contributions, c’est donc le gain en visibilité, et leur intérêt pour le concept, qui priment.

La campagne dure 40 jours. L’ampleur de l’affichage dépendra des fonds récoltés. La start-up a calculé que si elle arrive à récolter 12 000 euros en tout, cela lui permettra d’investir 150 panneaux publicitaires en plein cœur de Bordeaux. Par la suite, elle envisage d’élargir le concept à des plus grands formats et à d’autres villes. Quand on sait que, selon que nous vivons en zone urbaine ou à la campagne, nous sommes exposés chaque jour à entre 500 et 2 200 pubs par jour, on se dit que ce genre de projet apportera une respiration visuelle largement bienvenue !


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