En Afrique de l’Est et au Yémen, des millions de personnes sont en situation d’extrême famine. Alors que l’ONU s’alarme, le sujet semble relativement peu traité dans les médias. Rencontre avec Véronique Andrieux, directrice générale d’Action contre la Faim,  qui veut éradiquer la faim dans le monde d’ici à 2030.

Vous avez rejoint Action Contre la Faim (ACF) en mai 2016. Ceci dit, vous êtes engagée dans cette cause depuis plus de 20 ans. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

J’ai eu la chance et le privilège de rejoindre ACF, en tant que directrice générale, après plus de 20 ans de travail humanitaire. J’ai ressenti une vocation depuis très jeune. Je suis d’origine franco-péruvienne, et j’ai passé de longs séjours au Pérou, dans mon enfance et ma jeunesse. J’ai d’ailleurs eu très tôt une grande sensibilité concernant les questions d’inégalités, de manque d’opportunités, de sous-développement chronique dans certaines régions.

Des dynamiques économiques, sociales, culturelles et politiques qui sont dans certains cas vertueuses et qui permettent de sortir des millions de personnes de la pauvreté. C’est ça qui me fait bouger depuis que j’ai 15-20 ans.  Je suis notamment passée par OXFAM (Oxford Committee for Famine Relief, une ONG de solidarité internationale qui lutte contre les inégalités, ndlr). J’y suis restée 15 ans, ce fut une école pour moi. J’ai rencontré des leaders dans les sociétés civiles des pays du Sud où j’ai eu la chance de travailler. Ils m’ont beaucoup inspiré. J’espère continuer à apprendre.

Ne craignez-vous pas de passer du  terrain à un poste, plus administratif, de directrice ?

Depuis ma prise de fonction au sein d’ACF, j’ai voulu partir le premier mois sur le terrain, afin d’y voir quelles sont nos actions concrètes. J’ai notamment visité le Kurdistan irakien, là où se préparait la bataille de Mossoul, l’Éthiopie, le Cameroun et l’Afghanistan. Le terrain reste au cœur de mes préoccupations. Je veux les mettre au centre de chaque action. C’est là que les choses se passent, que les besoins humanitaires se trouvent. J’en profite pour écouter les préoccupations des équipes présentes dans les pays où je me rends. Je ne suis pas du tout originale en disant cela, chaque membre d’ACF vous dira la même chose. La professionnalisation doit bien sûr perdurer, elle est bonne pour rendre des comptes notamment, mais nous devons garder contact avec le terrain, c’est vital.

Quels risques peut-on rencontrer lorsqu’on intervient dans des régions touchées par la famine ?

Nous travaillons sur l’acceptation, nouons des liens forts avec les populations locales et leur expliquons qu’ACF n’a pas d’agenda politique. Notre seul mandat est l’humanitaire. Nos trois principes, lorsque nous intervenons dans une région à risque, sont : neutralité, impartialité et indépendance. Nous soutenons les différentes populations, quels que soient leur credo, leurs factions ou leur allégeance. Cela crée une relation de confiance mutuelle. Nous développons aussi la redevabilité, nous sommes très transparents avec les communautés, et l’État hôte.

Magazine UP le mag n°16Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez la totalité de l’interview de Véronique Andrieux dans la 16ème édition de UP le mag

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