Impossible de ne pas s’en être rendu compte : les véhicules autonomes sont en route, du moins sur le plan technique. Faut-il s’en réjouir ? Tout dépendra de nous !

Sans les mains ! Certaines voitures truffées de caméras et de capteurs sont capables de se déplacer sans intervention humaine. Ce n’est plus de la science-fiction. Sur l’année 2016, les voitures sans chauffeur de Waymo, la filiale de Google, ont, lors de différents tests, roulé en mode pilote automatique 1,023 million de kilomètres, avec seulement 124 interventions des ingénieurs, soit une fois tous les 8 252 kilomètres. Plusieurs grandes entreprises (Uber, Apple, Amazon…) travaillent sur des projets similaires, souvent prometteurs. Selon plusieurs estimations, les premiers véhicules seront prêts dans les années 2020.

Ces prouesses technologiques sont certes impressionnantes, mais la société a-t-elle vraiment à y gagner de les voir arriver sur ses routes ? « Le véhicule autonome ne peut être perçu comme une solution que s’il est partagé », estime Diane Bouchenot, Chef de projets innovations territoriales, nouvelles mobilités et prospective chez Chronos, cabinet spécialisé dans les enjeux de mobilité. Selon elle, si on en reste à la « voiture autonome », au sens où chacun garde la sienne, l’impact sera négatif en termes de congestion des routes et d’étalement urbain. Elle préfère donc le scénario de « véhicules autonomes partagés ».

Vers une reconfiguration des villes ?

Tandis qu’aujourd’hui une voiture individuelle est stationnée 95 % de son temps, le partage permettrait de réduire considérablement le nombre de véhicules en circulation et les espaces dédiés au parking dans les villes. Gabriel Plassat, expert à l’ADEME et auteur du blog « Les transports du futur », pense également que la vente de véhicules individuels par les marques classiques pourrait être remplacée par la « vente de mobilité » par des acteurs qui proposeront, à la demande, des places dans des véhicules autonomes partagés, capables de rouler 24h sur 24. On peut alors imaginer des « driverless-city » (villes sans conducteur). « Si on supprime le conducteur, on est tous sur un pied d’égalité. Alors qu’aujourd’hui, il y a une place démesurée donnée au conducteur », souligne-t-il.

Magazine UP le mag n°16Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’intégralité de cet article dans la 16ème édition de UP le mag

-> Découvrir le sommaire
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !


Commentaires