Antoine Van Den Broek, cofondateur de Mutinerie, nous explique le concept de la Mutinerie Village, un espace de co-working et de co-living.

Mutinerie est à la fois un des premiers espaces de coworking en France, une académie pour free-lances et un magazine en ligne. Dernier né de cet écosystème, Mutinerie Village a vu le jour il y a trois ans. Ce lieu est à la fois un espace de coworking et de coliving pour les travailleurs indépendants ou les groupes, un potager en permaculture de 800 m2 et un makerspace (un atelier de fabrication disposant d’une imprimante 3D, d’une découpe laser et bientôt d’une fraiseuse numérique).

L’idée ? Permettre aux indépendants de séjourner à la campagne pour y travailler les pieds dans l’herbe, partager des moments conviviaux avec les résidents du moment, et, pourquoi pas, élaborer des projets ensemble.

Quelle est l’ambition de l’écosystème de Mutinerie ?

De manière générale, l’objectif de Mutinerie est de rendre la vie des travailleurs indépendants la plus riche possible et faire que notre communauté soit féconde en leur apportant des solutions pour profiter au mieux de leur indépendance. D’ailleurs, notre devise “Libre ensemble” résume bien cette ambition. Être libre ne signifie pas souhaiter être seul. Nous souhaitons partager cette liberté avec d’autres.

Pourquoi avoir lancé un lieu comme Mutinerie Village ?

Mutinerie Village nous offre l’occasion de pousser encore un peu plus loin les logiques de travail nomade et de communauté professionnelle. Il ne s’agit pas ici d’une communauté figée avec des personnes identiques et des règles immuables, mais plutôt d’une communauté poreuse, plastique et protéiforme suivant une logique assez proche de ces communautés qui se cristallisent en ligne.

Mutinerie Village nous permet d’appliquer les méthodes de travail collaboratif à d’autres domaines que le web. Par exemple, notre makerspace est équipé pour travailler le bois, et y fabriquer des objets. C’est un lieu propice pour créer des ponts entre des publics différents, comme un jeune designer parisien et un artisan percheron.

C’est important pour vous de créer des liens avec le territoire ?

Oui. Nous travaillons au maximum avec les acteurs locaux : le studio d’enregistrement de musique d’à côté, la cuisinière entrepreneuse revenue s’installer dans le Perche, le bûcheron indépendant qui fait du débardage selon un savoir-faire ancien à l’aide d’un cheval percheron (transport des arbres abattus sur le lieu de coupe vers le lieu de dépôt ou de décharge, ndlr.)… Autre exemple d’implication sur le territoire : avec l’aide du Parc naturel régional du Perche, nous avons mis en place un espace test agricole afin de reprendre 5 hectares de vergers en bio. Tous ces projets sont réalisés d’autant plus volontiers que cela correspond à nos aspirations personnelles.

Certains s’y sont déjà installés ?

Au-delà de notre projet, on voit que le web est en train de permettre une nouvelle géographie en désenclavant des territoires et en permettant à des indépendants de se créer une vie professionnelle riche à la campagne. Mutinerie Village leur permet de goûter à cette vie, de l’expérimenter, de se rendre compte qu’ils ne sont pas les seuls à y aspirer et qu’une vraie vie sociale y existe. Sept personnes se sont déjà installées dans le Perche dans le sillage de Mutinerie.

La tendance du coworking rural La nouvelle géographie permise par le web favorise le travail à distance, alors pourquoi pas expérimenter le coworking, le coliving tout en se ressourçant… au vert. En Europe, plusieurs initiatives se développent. Près de Berlin, Coconat a ouvert ses portes en mai dernier. En plus de son espace avec tout le confort pour travailler à distance, le lieu propose des activités en plein air, un sauna etc. À Matera, en Italie, un collectif a mis en place un dispositif proche de l’activité des monastères où les résidents échangent l’hébergement contre du travail d’intérêt général au bénéfice du village. Preuve d’une tendance émergente, le site Copass propose un abonnement pour travailler dans les espaces de coworking de son réseau international où l’on compte des lieux au Brésil, en Australie, en Indonésie, au Ghana.

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