Les Etats de l’Union européenne se sont prononcés sur la définition des perturbateurs endocriniens. Un vote crucial qui permettra de légiférer sur des substances présentes dans la composition des pesticides et dans certains produits de la vie courante.

Benoît Hamon, largement battu au soir du premier tour de la présidentielle, en avait fait un axe de campagne fort. « Je ne suis plus socialiste, sans être écologiste », avait-il coutume de dire. Et, à ce titre, il évoquait régulièrement les perturbateurs endocriniens qu’il voulait interdire une fois élu. Depuis plusieurs mois, les membres de l’Union européenne tentaient de s’entendre sur une définition globale qui permettra de légiférer au niveau des 28. C’est désormais chose faite, a annoncé la Commission européenne.

L’U.e  a voté, le 4 juillet, un texte commun. « Une fois appliqué, le texte assurera que toute substance active utilisée dans les pesticides identifiée comme perturbateur endocrinien pour les personnes ou les animaux pourra être évaluée et retirée du marché« , a expliqué le commissaire européen à la Santé et à la Sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis. Selon le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, la définition adoptée « concerne aussi les perturbateurs endocriniens présumés« .

UP le mag revient sur ces agents chimiques nocifs pour la santé, selon de nombreuses études. 

De quoi parle-t-on exactement ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé, il s’agit d’ « une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact ». En d’autres termes, les perturbateurs endocriniens gênent la production des hormones naturelles. Conséquence relevée par l’Institut de la santé et de la recherche (Inserm) : cela peut altérer la régulation du métabolisme et perturber, par exemple, le développement du fœtus, en cas de grossesse.

Ces agents physiques sont d’origine naturelle ou résultent d’activités humaines, puisqu’ils sont  contenus dans des objets de consommation courante, dans des produits de traitement des cultures, dans des médicaments ou produits cosmétiques. On en trouve également dans les fonds marins et les forêts primaires, a rapporté lemonde.fr. L’Inserm note que la plupart de ces composants  sont issus de l’industrie agro-chimique (pesticides, plastiques, pharmacie etc.) et de leurs rejets. « Ils persistent dans l’environnement de longues années et peuvent être transférés d’un compartiment de l’environnement à l’autre (sols, eau, air, etc.) de longues années après qu’ils ont été produits », poursuit l’Inserm.

A noter que l’association UFC-Que Choisir a réalisé un document pour savoir exactement où les perturbateurs endocriniens se cachent.

Quels sont les risques ?

La Libre Belgique explique que quelques études épidémiologiques ont démontré que  les perturbateurs endocriniens seraient la cause, directe ou indirecte, ou l’une des causes de maladies telles que l’obésité, le diabète, l’infertilité, les cancers de la tyroïde.

Pour une personne, ces risques sont plus importants  durant le développement des organes entre la période de conception jusqu’à l’adolescence.

Certains perturbateurs endocriniens peuvent produire des effets qui se transmettent entre les générations, écrit Le Monde, citant la hausse de maladies liées au système hormonal.

Comment les éviter ?

L’UFC Que choisir donne quelques conseils pour éviter ou réduire les expositions. Tout d’abord, la structure recommande d’éviter les plats cuisinés et transformés, d’opter pour des produits frais et biologiques dans la mesure du possible. 

Certains gestes ne sont pas conseillés. Comme, par exemple, d’utiliser des récipients en polycarbonate, car ils contiennent du bisphénol A, pointé du doigt. Ces derniers sont désormais interdits à la vente. Attention si vous en possédez : la structure indique qu’ils portent parfois le sigle PC.

Par ailleurs, il vaut mieux faire chauffer de la nourriture dans une casserole en inox et non dans du plastique et il est préférable de ne pas consommer des frites dans des cornets en carton. En outre, l’UFC Que choisir invite les femmes enceintes à ne pas prendre d’antalgiques (paracétamol ou aspirine) ou d’ibuprofène.

Clean Beauty, une application mobile, disponible sur iOS et Android, lancée par le laboratoire Officinea (spécialiste en cosmétique bio et naturelle) propose à ses utilisateurs de déchiffrer la composition des produits de consommation de beauté et d’hygiène. Il suffit de prendre en photo les ingrédients du produit incriminé, puis l’appli identifie les éventuels perturbateurs endocriniens et indique pourquoi certains ingrédients sont controversés.

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