La vie de Cyril Dion a été bouleversée par le succès planétaire de Demain, pour lequel il a reçu le César du meilleur documentaire en 2016. UP le mag a rencontré un réalisateur écolo, enthousiaste, optimiste, qui observe avec plaisir que ses sujets de prédilection « prennent de l’ampleur » dans la société et que les politiques s’en emparent. Optimiste, certes, mais néanmoins exigeant et réaliste.

Quand nous avons rencontré Cyril Dion, sur le parvis de la mairie de Sceaux (Hauts-de-Seine), où il s’apprêtait à participer à une UP Conferences, organisée un soir pluvieux de mai, il venait d’apprendre la nouvelle. Nicolas Hulot, l’un de ses « amis », a été nommé ministre d’État à la Transition écologique et solidaire. « On connaît ses convictions sur le nucléaire ou le passage au bio, lâche le réalisateur de Demain. S’il ne se passe rien, on comprendra que ce n’est pas une affaire d’hommes, mais de système. » Bref, il attend de voir… mais Cyril Dion, optimiste, semble se réjouir. L’ex-animateur télé « a une fenêtre de tir pour agir », précise-t-il, avant de nuancer : « On verra si Nicolas Hulot, qui est populaire, fera bien le lien avec la société civile qu’il a la capacité de mobiliser. » Car pour que ça marche, il faut « intégrer, inclure les citoyens », dont font partie les ONG environnementales, au processus de prise de décision.

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« Encourageant »

Même si Cyril Dion est parfaitement conscient que le candidat En marche n’a pas parlé d’environnement durant sa campagne, il voit tout de même d’un bon œil que l’écologiste prenne la place de Ségolène Royal. Et ce, « même si on dit que c’était une décision opportuniste permettant de gagner les élections législatives ». Si le président veut « siphonner des voix » de la France insoumise et de Benoît Hamon, qui ont, à son grand plaisir, intégré ses idées dans leur programme respectif, tant mieux.

« Cela veut dire que ces sujets sont importants et qu’ils représentent un électorat suffisamment large pour que le couple exécutif ait envie de le siphonner. » Et, ça, il apprécie : l’électorat sensibilisé aux thématiques qu’il porte – « ceux qui ont voté Hamon, Mélenchon et, un peu, Macron » – correspond tout de même, « en gros », à 30 % des votants. Et c’est vraiment « encourageant ».

Une suite à Demain 

Oui, Cyril Dion voit le verre à moitié plein, au point même de presque excuser le parcours d’Édouard Philippe en tant que lobbyiste à Areva. « Le Premier ministre est un acharné du nucléaire ? On ne le sait pas, dans le fond. Si ça se trouve, non. » Au fait, celui qui a dirigé pendant sept ans le mouvement Colibris, qui met en lumière les idées du philosophe Pierre Rabhi, aurait pu franchir le Rubicon à la place de Nicolas Hulot ? Cyril tourne la tête. La politique, ce n’est pas son truc, pas son métier.

Magazine UP le mag n°16Retrouvez la SUITE DE CET Article dans la 16ème édition de UP le mag

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