Selon une étude publiée le 18 janvier dernier par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), plus de la moitié des espèces de primates pourraient disparaître d’ici vingt-cinq à cinquante ans. Un fléau pour l’ensemble des écosystèmes qui les abritent et pour l’Homme, principal responsable de leur disparition.

Les singes ont de quoi grimacer. Si rien n’est fait pour réduire les pressions humaines qui pèsent sur eux et leur habitat, nous assisterons à des extinctions de masse dès les vingt prochaines années. C’est la conclusion d’une étude menée par 31 primatologues à travers le monde. De quoi alerter l’opinion internationale, mais pas surprendre l’ensemble de la communauté scientifique.

Figure de proue de la primatologie, Jane Goodall, dont l’Institut fête en 2017 ses cinquante ans, mène depuis longtemps un combat pour la protection et la préservation des chimpanzés. Dans une interview à l’AFP en juillet 2014, elle s’alarmait : « Au cours des cinquante dernières années, leur nombre est passé de deux millions à 300 000 au plus, répartis dans 21 pays. » Et ils ne sont pas les seuls. Dans le monde, la vie de milliers d’espèces de primates sont en danger : 87 % des espèces de Madagascar, 73 % en Asie, 37 % en Afrique subsaharienne et 36 % en Amérique latine. « Si nous ne prenons pas de mesures, les grands singes vont disparaître », avertissait-elle.

Déforestation, trafic et braconnage

Les menaces auxquelles font face les primates sont multi-factorielles, et finalement assez liées. La déforestation – causée par une agriculture intensive, l’exploitation des matières premières et l’urbanisation -, profite au trafic. « Dans les zones où l’on grignote la forêt, des pistes sont ouvertes. C’est donc plus facile pour les braconniers d’y pénétrer », a pu constater Audrey Maille, éthologue spécialiste des comportements des primates au sein du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. “Et la cause de ce trafic, c’est aussi nous, les Occidentaux. Les singes sont exportés vers l’Europe et les États-Unis où ils servent de trophées ou comme animaux de compagnie”.

D’autre part, l’empiètement des champs sur leur habitat naturel entraîne l’augmentation des conflits entre les hommes et les singes. « Ces derniers se retrouvent emprisonnés dans des petits bouts de forêt. Ils n’ont plus grand chose à manger et cherchent des ressources alternatives. Quand autour il y a des champs de cannes à sucre ou de mangues, ils s’y aventurent en faisant beaucoup de dégâts, explique la biologiste. Les agriculteurs les considèrent comme des nuisibles dont il faut se débarrasser », au prix de la biodiversité.

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