Pour la première fois, l’ONU organise une conférence internationale dédiée à l’océan. Les représentants des États et des différents secteurs maritimes du monde entier se rassemblent à New York du 5 au 9 juin avec un seul objectif : préserver nos mers et océans.

Déchets plastiques, surpêche, montée du niveau des eaux, acidification à cause de l’absorption croissante de CO2, etc. Depuis des années, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme et appellent à la protection accrue des océans.

Dans certains pays, des initiatives sont prises. Les déversements de pétrole, par exemple, qui restent une source de préoccupation, ont diminué de façon constante depuis plusieurs décennies. Les populations sont également de plus en plus sensibilisées. Aujourd’hui, en 2017, tout le monde le sait : l’océan et ses écosystèmes se noient dans une montagne de pollution qu’il faut impérativement nettoyer, et prévenir.

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« Préserver nos océans, c’est préserver la vie elle-même »

Pour ce faire, la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, qui rassemble aujourd’hui 148 états membres, joue déjà un rôle important depuis sa création en 1960. Elle aide les gouvernements à résoudre leurs problèmes individuels et collectifs liés aux océans et aux côtes, en permettant le partage des connaissances, de l’information et des technologies et en coordonnant les programmes nationaux. La COI vise aussi à promouvoir le développement durable de l’environnement marin, en portant une attention particulière aux pays en développement.

Pour renforcer et rappeler l’importance de ces défis environnementaux et sociaux, l’ONU a organisé pour la première fois une sorte de « COP » mondiale des océans. Ouverte le 5 juin, elle se tiendra jusqu’au 9 juin prochain à New York. Le 8 juin étant la Journée mondiale des océans. « Nous devons mettre de côté les gains à court terme pour empêcher une catastrophe mondiale à long terme« , a déclaré lors de l’inauguration António Guterres, secrétaire général de l’ONU devant l’assemblée des Nations unies. « Préserver nos océans et les utiliser de manière durable, c’est préserver la vie elle-même. »

Cette conférence visant à définir une stratégie pour inverser le déclin des océans a malheureusement été assombrie par la décision du président Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Même si, pour en sortir, il devra attendre trois ans après l’entrée en vigueur du texte pour sauter le pas.

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Objectifs

C’est Antonio Guterres qui a ouvert la conférence sur les océans.

Les Etats membres de l’ONU travaillent à un « appel à l’action » qui doit être signé par les pays s’engageant à prendre des mesures pour nettoyer les océans et préserver ce qui est sans aucun doute la ressource la plus importante de la Terre. Les objectifs comprennent la protection d’au moins 10% des écosystèmes côtiers et marins d’ici 2020, la réduction de la pollution des océans et le renforcement des moyens de lutte contre la pêche illégale et non réglementée. Il s’agira également de mettre en avant la nécessité d’adopter une « économie bleue »  (les océans ont une valeur marchande de 5% du PIB mondial), et d’augmenter la connaissance et la recherche scientifique autour des océans.

António Guterres a décrit de manière alarmiste l’état des océans, citant une étude récente démontrant que le volume de détritus plastiques pourrait dépasser le volume de poissons dans les mers d’ici 2050, si rien n’est fait. « La montée du niveau des océans menace des pays entiers, l’industrie de la pêche s’effondre dans certains endroits et les écosystèmes côtiers sont gravement affectés par la pêche, l’extraction minière, le transport maritime et le tourisme« , a-t-il prévenu.

Espérons que les actions qui découleront de cette conférence soient plus rapides et conséquentes que celles prises lors de la COP21… A ce jour, 40% des océans sont touchés par les activités humaines, dont la pollution, l’épuisement des ressources halieutiques et la disparition des habitats côtiers. 8 millions de tonnes de plastique sont déversées chaque année dans les océans. Et à cause de l’excès de dioxyde de carbone absorbé, 20% des récifs de corail ont déjà disparu.

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