Baptisé Ocean CleanUp, le projet du plus célèbre des jeunes écologistes, Boyan Slat, débutera plus tôt que prévu, en 2018 au lieu de 2020. La mission consistera à retenir puis collecter le plastique des océans grâce à un barrage flottant. Une tâche qui s’annonce herculéenne, mais irrémédiablement nécessaire ! 

Souvenez-vous… en 2012, le Néerlandais Boyan Slat, qui n’était encore qu’un adolescent, participait à sa première conférence Ted, intitulée « Comment les océans peuvent se nettoyer eux-mêmes« . Il y présentait son invention révolutionnaire : un barrage flottant en forme de V d’une profondeur de 3 mètres, capable de retenir les déchets plastiques pour les conduire vers une plateforme d’extraction fonctionnant à l’énergie solaire. Une fois récupérées, les matières seraient ensuite évacuées puis recycler. Inventif à l’optimisme communicatif, Boyan Slat avait pensé à tout !

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L’ambition de la jeunesse

Popularisés en quelques jours à peine sur les réseaux sociaux, Boyan Slat et son projet baptisé Ocean CleanUp s’affichaient en une des médias du monde entier. Grâce à sa renommée et, disons-le, son grain de folie, l’inventeur lança en juin 2015 un financement participatif pour créer un premier prototype. Pas moins de 2 millions de dollars furent récoltés. Dans la foulée, le jeune homme fonda sa start-up et se mit au travail. La première phase de test de son prototype fut installée dans une partie particulièrement agitée de la mer du Nord.

En 2014, Boyan Slat a reçu le prix « Champions of the Earth » dans la catégorie « Inspiration et action » dans le cadre du Programme des Nations unies pour l’environnement. @Recycling International

Mais, après deux mois, l’installation fut endommagée par de puissantes vagues et des vents violents. Malgré ça, Boyan Slat resta imperturbable : « Nous savons ce qui n’a pas fonctionné, et, plus important encore, nous savons comment le réparer. Grâce aux leçons que nous avons apprises pendant ces deux mois de test, nous allons améliorer l’appareil avant de le réinstaller dans la mer du Nord dans un futur proche. Nous continuerons ces tests jusqu’à ce que nous soyons sûrs que le système de barrière pourra tenir le choc dans le Pacifique pour plusieurs années« , expliquait-il sur son site.

Comme le dit un proverbe africain : « Une mer calme ne forme pas de marins d’expérience. » Boyan Slat est aujourd’hui un étudiant en ingénierie aéronautique aguerri, et continue de croire en son projet. Récemment, lors d’une présentation qui s’est tenue aux Pays-Bas,  il a annoncé qu’un nouveau système encore plus efficace était en train de voir le jour. Lui et ses équipes comptent en effet remplacer la barrière en forme de « V » par « une flotte de plusieurs petits systèmes« , plus rentables. Le projet, qui, entre-temps, a été soutenu par de nombreux donateurs et a pu bénéficier de dizaines de millions de dollars, a donc été avancé et devrait être installé dans le Pacifique d’ici quelques mois.

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Naufrage en vue ?

Sur l’île de Java en Indonésie, le surfeur Didi Surinaya photographié par Zak Noyle. Photographie emblématique de la pollution des océans par le plastique. @DAILY MAIL REPORTER

Aussi encourageant soit-il, le projet de Boyan Slat fait débat auprès de la communauté scientifique. Certains sceptiques ont souligné que son dispositif ne bloque les déchets qu’à partir d’une certaine taille. Or, beaucoup estiment que le plus grand danger vient des micro-particules de plastique. D’autres jugent qu’installer ces systèmes au large n’est pas la meilleure solution : bloquer les déchets au niveau des côtes serait bien plus efficace.

Interviewé par le journal La Croix,  le chercheur François Galgani de l’institut français Ifremer reconnaît, quant à lui, l’ingéniosité de Slat, même si pour lui son invention est une « fausse solution » : « L’océan fait rêver. Je comprends que la zone Pacifique, plus exotique, soit dans toutes les têtes. Mais le message est aussi : jetez dans les rivières, Boyan ramasse en mer ! Et quand il faudra faire l’entretien du barrage à deux milles miles des côtes, les choses se compliqueront sérieusement. »

Et si les meilleurs coéquipiers de ce jeune mousse parti à l’assaut du 7e continent de plastique, c’était nous. À l’échelle mondiale, les gouvernements doivent prendre plus de mesures environnementales et les populations doivent changer leurs habitudes : ne plus jeter, ne plus gaspiller, et remplacer le plastique par d’autres matières, par exemple, bio-dégradables.

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Retrouvez l’article « Le bioplastique aura-t-il la peau du plastique ? » dans la 12ème édition de UP le mag

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