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LA QUOTI DU SAMEDI – Parce que de nombreuses solutions locales méritent d’être mises en lumière, UP le mag vous propose de retrouver, chaque samedi, un focus sur une initiative solidaire et durable… en région !


Dans la commune de Lurcy-Lévi,  l’ancien centre de formation national des PTT est devenu la  « Street art city ».  Les artistes du monde entier sont invités à venir y laisser leur trace.

10 hectares, 13 bâtiments dont un hôtel de 128 chambres, 22 000 m² de murs et de façades…au lieu-dit Béguin, à une quarantaine de kilomètres de Nevers, se trouve un paradis pour graffeurs. Après avoir été laissés à l’abandon depuis 1992, les murs de l’ancien centre de formation reprennent des couleurs depuis l’an dernier. L’endroit, qui s’appelle Street Art City, est ouvert au grand public, depuis la fin du mois d’avril.

On doit ce projet aux propriétaires du lieu, un couple de mécènes d’une soixantaine d’années qui ont décidé d’y accueillir des artistes en résidence. « Nous avions racheté ce terrain à France Telecom en 2003, pour le petit château qui s’y trouvait, avec l’idée de le réhabiliter. En 2011, nous avons finalement revendu le château, mais les acheteurs n’étaient pas intéressés par les autres bâtiments. Il nous restait ce terrain. Puis un jour, le 22 janvier 2015, nous nous promenions sur le site et ma femme a eu une révélation : il fallait décorer ce lieu devenu laid. Elle a pensé au mot graffiti et on s’est renseigné sur Internet, car à l’époque on n’y connaissait pas grand-chose », raconte Gille Iniesta, issu, comme sa femme, du monde de l’entrepreneuriat. C’est ainsi qu’ils se sont plongés dans l’univers du street art.

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La « Villa Médicis » du street art 

Depuis cette révélation, ils ont déjà accueilli, en 2016, une cinquantaine d’artistes venus des quatre coins du monde en résidence. Ils sont logés, nourris et disposent de matériels de peinture mis à disposition par des entreprises partenaires. Certains artistes sont accueillis sur des périodes de plusieurs mois. « Notre but est de leur offrir un petit cocon, et de leur donner de la visibilité. Sans prétention, notre idée est de devenir en quelque sorte la Villa Médicis du street art », poursuit le fondateur du lieu.

Laboratoire, la Street Art City a aussi vocation à devenir une référence. « Nous avons réalisé que nous sommes uniques au monde car il n’existe pas d’autre projet de résidence de street art sous cette forme. D’ordinaire, les bâtiments investis, à l’image de la Tour 13 à Paris, ont vocation à être démolis. Tandis que nous, nous voulons nous inscrire dans le temps », précise-t-il.

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L’art urbain du monde entier dans la campagne française

Le plus grand bâtiment du lieu, « L’hôtel 128 », sera repeint par autant d’artistes qui investiront, chacun dans leur style, une des 128 chambres qui accueillaient autrefois les salariés PTT en formation. Des artistes « venus des cinq continents » précise Gille Iniesta. En 2017, près d’une centaine d’artistes sont passés, ou vont passer, à la Street Art City, avec la liberté de choisir où ils laisseront leur trace.  Mais la demande est forte. « Nous avons 700 personnes en liste d’attente », précise-t-il.

Pour le moment, tout le projet a été financé sur des fonds propres, avec le soutien moral d’entreprises locales, mais le couple ne doute pas qu’il réussira à attirer des fonds publics et privés. En attendant, les visites payantes, attirent beaucoup de monde. « Il y a eu un vrai engouement dès le début, certaines personnes font plusieurs heures de route pour venir visiter », raconte Gille Iniesta. Ceux qui viendront plusieurs fois découvriront chaque fois différentes œuvres. Car, qui dit street art, dit éphémère. Et même s’il reste pour l’heure beaucoup de murs à investir, les propriétaires du lieu ont prévenu qu’ils tenaient à rester dans cet esprit de mouvement perpétuel.

Magazine UP le mag n°12Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article  » FKDL, un artiste humaniste  » dans la 14ème édition de UP le mag

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