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LA QUOTI DU SAMEDI – Parce que de nombreuses solutions locales méritent d’être mises en lumière, UP le mag vous propose de retrouver, chaque samedi, un focus sur une initiative solidaire et durable… en région !


L’Institut d’éducation et des pratiques citoyennes gère depuis plusieurs années des crèches innovantes : les parents y sont accompagnés dans leur recherche d’emploi.

Quand Mara Maudet a créé l’Institut d’éducation et des pratiques citoyennes (IEPC), il y a plus d’une dizaine d’années, l’idée lui est apparue comme une évidence : « La politique familiale ne peut pas être dissociée de la politique de l’emploi », dit-elle. « J’étais étonnée qu’on privilégie l’accueil en crèches aux parents qui travaillent. Les parents qui ne travaillent pas, surtout les moins qualifiés, sans réseau social et familial, qui n’ont pas le moyen de payer une nourrice, me paraissaient pénalisés. »

Elle a donc voulu trouver un moyen d’aider ces parents à « passer à une autre étape de leur vie », en imaginant des crèches où la moitié des places sont réservées à des parents en recherche d’emploi, pour la plupart bénéficiaires du RSA. Ces familles sont accompagnées par l’établissement dans leur recherche d’emploi. Autre particularité de ces crèches : une amplitude horaire de 12 à 13 heures par jour, adaptée à toutes les catégories d’occupation professionnelle.

Une dizaine d’établissements en région parisienne

Après la période d’adaptation de l’enfant à la crèche, les parents signent un contrat (qui a surtout une valeur symbolique) où ils s’engagent à trouver un emploi ou une formation. Un engagement de trois mois renouvelable une fois. Ils sont accompagnés dans leurs démarches, mais aussi sur des aspects plus juridiques. « Nous faisons en sorte d’avoir des personnes qui peuvent les aider à bien comprendre les fiches de paie et les contrats », souligne la fondatrice de l’IEPC.

Une crèche de l’IEPC dans le 18e arrondissement

La première crèche du genre a ouvert en 2003, à Bagneux. Depuis, l’IEPC en a ouvert 11 autres à travers tout l’Ile-de-France, à Paris, Aubervilliers, Antony, Sartrouville, Argenteuil, Bezons, Châtenay-Malabry, ou, encore, Poissy. « L’an dernier, environ 340 familles ont été accompagnées sur 750 accueillies et 88% ont retrouvé une activité professionnelle », affirme Mara Maudet.  La plupart des familles accompagnées sont souvent monoparentales, des femmes qui trouvent des emplois souvent « basiques, dans l’hôtellerie ou la vente ».

Une première étape d’insertion

Ces personnes en « ressortent transformées », confie-t-elle. « Le fait d’être autonome, active, d’occuper un rôle dans la société, a un effet formidable autant sur ces femmes que sur leurs enfants ». C’est, de plus, souvent une première étape d’insertion, qui permet par exemple de trouver un meilleur logement.

La directrice de l’IPEC se félicite d’ailleurs de voir que la politique de l’État a évolué dans sa logique. À présent, toutes les crèches doivent respecter un quota de 10 % d’enfants de parents bénéficiaires des minima sociaux. De plus, le label « crèches à vocation d’insertion professionnelle » (VIP), a été créé pour des crèches qui accueillent 50% d’enfants issus de familles en insertion, orientées par la CAF et d’autres services locaux, avec une amplitude horaire large.

Les entrepreneurs sociaux inspirent Up le mag ! Un projet local et original, accompagné par Isabelle Pasquet et Dominique Leroy à la Caisse d’Epargne. 

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Retrouvez l’article  » À Saint Denis, des logements durables pour les gens du voyage  » dans la 11ème édition de UP le mag

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