•  
  •  
  •  

Avec le jeu « Espion des grands fonds », l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) propose une analyse participative d’images issues de l’océan profond.

L’océan nous réserve encore bien des surprises ! À la fin des années 70, alors qu’on croyait l’océan profond désertique, on a découvert les sources hydrothermales, où foisonnent des centaines d’espèces nouvelles. Pour étudier cette faune, des observatoires avec des engins de mesures et des caméras ont été déployés. Résultat, plus de 5 000 heures de séquences vidéo enregistrées à près de 2 000 mètres de profondeur, depuis 2010, à analyser.

Pour faciliter le traitement de cette matière incommensurable, le Laboratoire environnement profond du centre Ifremer Bretagne a eu l’idée de lancer, en mars 2017, le jeu Espion des grands fonds, à destination du grand public. « Il s’agit d’un jeu d’observation dans lequel les participants doivent rechercher des espèces vivantes et les annoter à l’écran », décrit Marjolaine Matabos, chercheure à l’Ifremer et chef du projet de sciences participatives Espion des grands fonds.

Un jeu ouvert à tous

Pour participer, pas besoin d’être un expert. Après un bref tutoriel, l’utilisateur se voit présenter des images et les espèces à identifier. Plus il progresse dans le jeu, plus il y a d’espèces à repérer. Un système de classement permet de mettre en avant les plus gros contributeurs, le tout sur une interface qui s’apparente à un jeu vidéo.

Capture d’écran du jeu Espions des Grands Fonds / Ifremer

Tous les publics peuvent y trouver leur bonheur. « Lors de la fête de la Science, nous avons remarqué que les 6-10 ans étaient très intéressés. Mais les plus âgés peuvent aussi apprécier d’aider à la recherche scientifique », souligne Marjolaine Matabos. Plus de 500 personnes se sont déjà inscrites sur le site, mais seulement la moitié ont annoté au moins une photo.

À lire aussi : Expo : la technologie se conjugue aussi au féminin

Le crowdsourcing, une recette qui marche

Comment savoir ce que valent les annotations du public ? Tout repose sur la participation. « Les annotations ne seront pas vérifiées, mais la force du projet est qu’une même image vers être annotée une vingtaine de fois, voire plus, par différents utilisateurs », explique Marjolaine Matabos. À partir d’un certain nombre de participants renseignant la même chose, une valeur pourra être extraite. Sachant qu’il y a tout de même un petit quiz pour passer d’un niveau à l’autre, pour s’assurer que les joueurs ont bien compris le jeu.

À lire aussi : Pas d’argent ? Faites don de votre temps

Dans une étude parue en février 2017, dans la revue Methods in Ecology and Evolution, Marjolaine Matabos a comparé l’efficacité de différents moyens de traitement de données vidéo d’un observatoire marin pour compter des spécimens de morue charbonnière, filmés par un observatoire déployé dans un canyon sous-marin du Pacifique. Elle a démontré que des groupes de bénévoles obtiennent des résultats supérieurs à ceux d’un algorithme et proches de ceux des scientifiques.

C’est ce qu’on appelle du crowdsourcing, autrement dit de la production participative. Et l’idée n’est pas si nouvelle. « Les pionniers dans le domaine ont été la NASA, avec le projet Zooniverse. Leurs premiers jeux consistaient à demander de l’aide pour traiter leurs images et ça a beaucoup marché », relate Marjolaine Matabos. Tellement bien, que l’expérience a été réitérée dans d’autres domaines. À vos jeux !

couv_up13Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article  « Quand les données font avancer la recherche contre le cancer » dans le dossier  « Le corps connecté pour une meilleure santé ? »  dans la 13ème édition de UP le mag

-> Découvrir le sommaire
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !

Info inspirante ?
Avis des lecteurs 0 Avis

  •  
  •  
  •  

Commentaires