EXTRAIT – Arroser la terre avec votre urine, il poussera des fleurs et des légumes. Encore mal considéré, ce déchet organique liquide possède pourtant de super pouvoirs. Véritable engrais biologique, économique et disponible tout le temps, l’urine est aussi utilisée comme énergie renouvelable. L’avenir serait-il dans le pipi ? 

L’un des problèmes communs rencontrés par la plupart des centre-villes de France est celui des pipis sauvages. Une incivilité qui laisse des traces et des odeurs. Pour y remédier, la mairie de Bordeaux a, par exemple, testé la peinture hydrophobe qui renvoie le liquide à l’envoyeur. « Malheureusement, quand il est bien imbibé, l’arroseur n’est pas gêné par les éclaboussures », s’indigne Laurent Lebot, designer chez Faltazi, une agence nantaise experte en éco-conception, qu‘il a créée au début des années 2000 avec son associé Victor Massip.

Deux Uritrottoirs ont été installés courant janvier à Paris, dans les recoins de la Gare de Lyon. Trois seront posés pour une phase d’expérimentation au printemps, à Nantes. @Faltazi

« Malgré les verbalisations, les pipis intempestifs continuent. Et pour les nettoyer, les services d’assainissement utilisent des produits détergents qui se retrouvent ensuite dans les cours d’eau. Or, les urines peuvent être transformées en biodéchets, il suffit de les collecter. » Il fallait y penser !

Après leur Uritonnoir, un urinoir sec champêtre à destination des festivals, les deux éco-designers mettent donc au point l’Uritrottoir, une mini vespasienne urbaine. « Composé de deux bacs en aluminium, l’un rempli de paille, l’autre de fleurs, ce mobilier citadin est l’association de deux déchets, l’urine et la matière sèche. Le mélange de carbone et d’azote donne du fumier qui, une fois composté, sera utilisé comme engrais », décrit Laurent Lebot.

À lire aussi : Jouez, jardinez, compostez

De l’urine dans l’arrosoir

Revaloriser l’urine en engrais, l’initiative est pour le moins insolite. Mais des études ont prouvé son pouvoir fertilisant : aux Etats-Unis, des tomates cultivées en pot ont eu le même rendement fertilisé à l’urine qu’avec une fertilisation minérale (soit 4,2 fois plus que les sujets non fertilisés) ; en France, des pommes de terre fertilisées à l’urine ont donné une récolte de 45kg comparée au 27kg pour celles non fertilisées.

Info inspirante ?
Avis des lecteurs 4 Avis

Commentaires