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EXTRAIT – Au Maroc, deux organismes solidaires se sont penchés sur la durabilité des hammams traditionnels. À travers un programme de rénovation, mais aussi la revalorisation de déchets agricoles, les associations espèrent conjuguer efficacité énergétique, protection de l’environnement et rentabilité économique des établissements. Le tout dans le maintien des traditions.

Rénover des hammams. L’idée peut paraître anecdotique en France, où il s’agit d’un plaisir que l’on s’accorde occasionnellement. Mais le hammam est tout autre dans le cœur des Marocains. C’est à la fois un lieu populaire, très ancré dans la culture et les traditions, et un service d’hygiène parfois indispensable. « On ne construit pas une ville sans hammam. C’est comme la boulangerie. Est-ce qu’on peut vivre sans pain ? Non. C’est la même chose pour les hammams », raconte Khadija Kadiri, exploitante de bains à Rabat.

95 % de la population a pour habitude de se rendre dans l’un des 10 000 établissements du royaume au moins une fois par semaine. Mais pour chauffer les salles et l’eau sanitaire, le farnatchi, la personne en charge de la chaudière, utilise environ une tonne de bois par jour ! À l’échelle du pays, trois millions de tonnes de bois brûlent chaque année dans les sous-sols des hammams. Le secteur est responsable du rejet de quatre millions de tonnes de CO2 par an dans l’atmosphère, soit 9 % des émissions de gaz à effet de serre du pays.

Un problème environnemental mais aussi sanitaire. Dans les rues proches des hammams, les riverains sont constamment gênés par les fumées nocives qui en émanent. Et puis, la rentabilité économique n’est plus tout à fait au rendez-vous. Tributaires du prix du bois, qui augmente, les tarifs à l’entrée commencent à s’élever, menaçant l’accessibilité des bains à tous. Pour Dénia El Haddaoui, coordinatrice à l’EnSEn, l’association marocaine Énergie, solidarité et environnement, « le modèle du hammam tel qu’il est aujourd’hui n’est pas viable à long terme ».

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Une panoplie de solutions

Un constat partagé avec l’organisation non gouvernementale française GERES (Groupe énergies renouvelables, environnement et solidarités). En 2014, les deux structures réfléchissent conjointement à une solution globale et mettent au point, avec le soutien du Fonds français pour l’environnement mondial, le programme « Hammams durables au Maroc ».

L’idée est de considérer les établissements au cas par cas, procéder à un diagnostic pour chacun d’entre eux et proposer une panoplie de rénovations et de solutions adaptées. « Nous souhaitons réduire au maximum l’impact sur les forêts en allant vers une solution plus durable que les chaudières à bois, vers un autre combustible, la biomasse », résume Dénia El Haddaoui.

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Retrouvez la suite de l’article « En route vers des  hammams durables » dans la 15ème édition de UP le mag

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