Des espaces verts dans le métro pour améliorer la qualité de l’air et égayer les sombres trajets ? Voilà une idée lumineuse ! Proposé dans le cadre de la consultation citoyenne lancée en novembre 2016 par la RATP,  ce projet verdoyant est en passe de bientôt éclore. 

Souvenez-vous : le 2 novembre 2016, la RATP (Régie autonome des transports parisiens) lançait une consultation citoyenne pour « améliorer ses services ». Selon des critères de faisabilité (technique, financière, juridique) et d’originalité, 15 idées ont été retenues sur les 2 211 proposées par les Parisiens. Les Franciliens ont enfin été invités à voter pour n’en retenir que cinq.

Parmi elles, l’idée de végétaliser le métro de Susana F. « Il paraît que la qualité de l’air qui circule dans le métro parisien est plus qu’irrespirable : pourquoi ne pas investir dans les plantes dépolluantes ? En plus d’être utiles, elles mettront un peu de couleurs dans les stations », a-t-elle écrit dans sa proposition qui a enthousiasmé des milliers d’habitués des trajets souterrains.

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Un pari technique et coûteux

Le métro new-yorkais est déjà en transition végétale. @lowlinenyc

Le métro new-yorkais est déjà en transition végétale. @lowlinenyc

Si une serre avec un jardin tropical existe déjà dans la station de la Gare de Lyon, sur la ligne 14, aménager des espaces verts sous terre relève du pari technique. Car comment faire pour apporter l’eau et la lumière nécessaires ?

« Certaines lignes sont en cours de prolongement et des stations sont en cours de rénovation. Nous étudions donc leur configuration et comment y installer des espaces verts, des murs végétaux », rapporte Franck Avice, directeur des services relations clients et espaces de la RATP, à Ouest France. Avant de poursuivre : « Des spécialistes agronomes cherchent actuellement des solutions pour intégrer du végétal dans un espace souterrain. Cela existe techniquement, mais cela a un coût»

Des plantes dépolluantes ?

Quant au choix de la végétation, Susana propose donc des plantes dites « dépolluantes ». Parmi elles, l’anthurium, l’areca, les cactus, le ficus, le lierre, le palmier ou encore le dracaena font partie de ces êtres vivants capables de rendre l’air plus sain. Comment ? En transformant les molécules toxiques contenues dans l’air en nutriments ou en les stockant dans leurs tissus.

Mais est-ce que ça marche vraiment ? Selon un rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), publié en 2013, « les arguments commerciaux qui font généralement la promotion des plantes dites ‘dépolluantes’ ne sont pas toujours fondés sur des études scientifiques ». Et finalement, l’aération et la ventilation restent plus efficaces que les plantes.

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Envie ferme de verdure

Du vert, des poules… et des écrevisses sur les toits de la RATP. @RATP

Du vert, des poules… et des écrevisses sur les toits de la RATP. @RATP

Quoi qu’il en soit, la RATP s’est bel et bien engagée à mettre la main dans la terre. Les stations en plein air (ligne 2 et 6) seront à court terme végétalisées. « Des espaces verts pourront être installés sur les stations de plain-pied ou sur les viaducs », détaille Franck Avice. Enfin, le groupe vient récemment d’exprimer son souhait de végétaliser 4 hectares de toitures de son patrimoine dont un tiers en agriculture urbaine d’ici à 2020. Elle dispose déjà d’un démonstrateur sur la terrasse de son siège social.

Dans les wagons de métro, entendrez-vous donc bientôt l’annonce sonore : « Please mind the plant between the train and the platform ! »

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Retrouvez l’article « Réinventons la ville » dans la 11ème édition de UP le mag

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