•  
  •  
  •  

A Laval, l’association Lilavie édite depuis 17 ans des journaux ciblant un public éloigné de l’information. Elle écrit pour une population sourde, mais aussi pour des personnes âgées.

Jeudi 16 mars 2017. Le journal Vite lu adultes âgés ouvre sur les nouvelles étiquettes permettant de mieux cerner la qualité des produits en supermarché. Il évoque Donald Trump qui prévoit notamment d’augmenter le budget de la Défense de son pays. La fusillade dans un lycée de Grasse est également en Une, autant que François Fillon et ses ennuis judiciaires.

Crédit: Lilavie

La rédaction essaye, le plus possible, de privilégier les informations positives. Crédit: Lilavie

En deuxième page, les lecteurs ont droit à un texte sur la mort de la résistante Lucie Aubrac le 14 mars 2007. Un peu d’histoire… pour se souvenir. Le mardi, en général, à la place d’un papier historique, la rédaction donne la parole à leurs lecteurs et publie des poèmes qu’elle reçoit.

Le journal s’adresse aux personnes âgées en difficulté avec la lecture, en raison d’un problème de motricité, ou car elles sont atteintes de la maladie d’Alzheimer, notamment. « L’actualité, comme la météo, sont importantes, car ce sont des sujets propices à l’échange », explique Anne Jeanneau, la directrice de publication. Aux manettes : l’association Lilavie, créée par son père en 2000, qui édite trois autres titres bihebdomadaires (envoyés chaque mardi et chaque jeudi). Leurs lecteurs ? Un public plutôt éloigné de l’information. Le but du jeu ? Rendre l’actu accessible en rédigeant des phrases « plutôt courtes ».

A lire aussi : Famileo, une gazette familiale pour que mamie reste à la page

Infos positives

Info-f@x, le plus ancien titre de l’équipe, composée de trois salariés, s’adresse à une population sourde. « Au début, il y a 17 ans, il y avait très peu de sous-titrages à la télévision et 70 % d’illétrés parmi les sourds de naissance », confie Anne Jeanneau. Cela a évolué positivement, depuis… »

Sa rédaction essaye, le plus possible, de privilégier les informations positives. Par exemple, un contenu sur Janick, une professeure sourde qui a réussi à se faire accepter pour pouvoir enseigner le français à des entendants. Ou un autre qui parle d’une association angevine proposant, à ses adhérents, des repas à petits prix et à des personnes éloignées de l’emploi de se former.

A lire aussi : Apprendre à bricoler avec des seniors

Impliquer les citoyens

Lilavie écrit aussi pour une population concernée par l’illetrisme, avec Vite lu nymphéa, et pour les personnes en situation de handicap mental, avec Vite lu lila. « L’association compte environ 1 000 abonnés » ; et ces derniers reçoivent par mail leur édition. Les particuliers sourds peuvent s’abonner, mais les journaux sont plutôt dédiés aux professionnels, tant aux éducateurs qu’aux aidants en maison de retraite, en maison d’arrêt ou au sein d’associations qui luttent contre l’illettrisme. Ils s’en servent lors d’ateliers de lecture qu’ils animent. L’abonnement annuel coûte de 47 à 95 euros en fonction des publics ciblés.

Présidentielle, sécurité sociale, migrants… Lilavie, outre la conception des journaux, a commencé, il y a peu, à réaliser des fiches thématiques. Au fond, le but du jeu est d’impliquer les citoyens à la chose publique, les intéresser à ce qui se passe autour d’eux, à la société qui bouge.

Couv_UP11_recentreeCe sujet vous intéresse ?

Retrouvez le dossier Quelle place pour le grand âge ? dans la 11ème édition de UP le mag

-> Découvrir le sommaire
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !


  •  
  •  
  •  
Info inspirante ?
Avis des lecteurs 2 Avis

Commentaires