•  
  •  
  •  

LA QUOTI DU SAMEDI – Parce que de nombreuses solutions locales méritent d’être mises en lumière, UP le mag vous propose de retrouver, chaque samedi, un focus sur une initiative solidaire et durable… en région !


Une association propose aux habitants de Chambéry et de ses environs de se rendre service sans demander de contrepartie financière. But de l’opération : on aide un voisin et on gagne un crédit en temps que l’on peut utiliser ultérieurement. 

Une heure de rangement de papiers contre une heure de cuisine… Une heure et demi d’aide aux devoirs contre 90 minutes de promenade pour cueillir des champignons comestibles… Le temps c’est de l’argent et, dans les environs de Chambéry, certains habitants rangent à certains moments leur portefeuille et viennent en aide à leurs voisins sans attendre de contrepartie financière. Le concept est porté par l’association La monnaie autrement, née en 2010. « Nous voulions trouver un outil innovant pour travailler la question de la pauvreté et de la solidarité », explique Marion Ducasse, l’une des cinq salariés de la structure.

La monnaie autrement, depuis le lancement, a inscrit gratuitement 1 200 personnes, plus ou moins actives. Elles donnent de leur temps et reçoivent en retour, plutôt que de l’argent, un crédit en temps. Concrètement, la personne qui a bénéficié d’une aide, lui donne un reçu. « Cela ressemble au chèque de banque sauf qu’il n’y a pas de montant dessus. »

À lire aussi : Tissons la solidarité pour créer de l’emploi sur-mesure

Lien social

La société est inégalitaire en termes de revenus, mais il y a une chose de sûre : « On a tous un talent », insiste Marion Ducasse. Son association, en rencontrant les habitants de Chambéry, se plaît à les détecter. « Parfois, on nous dit : ‘Je ne sais pas ce que je  peux apporter…’  Alors, on cherche avec eux… » L’idée : que l’association propose, grâce à ses membres, une diversité de services et crée ainsi du lien social entre habitants d’un même quartier ou d’une même ville.

À lire aussi : La solidarité à volonté grâce au premier garde-manger collectif

Le concept fait des émules

En somme, on peut tout faire, tout proposer. Tout… sauf ce qui concerne le médical, le thérapeutique. Autre limite : « Un plombier, par exemple, ne peut pas proposer une aide en plomberie, alerte Marion Ducasse. C’est pour éviter qu’il y ait un risque de démarchage en vue d’une prestation commerciale future. » Mais, pour elle, de toute façon, un talent d’accordeur (l’adhérent, dans le jargon) ne dépend pas que d’une profession. Chaque année, entre 4 et 5 000 heures sont offertes, et un tiers de ce temps est dédié à l’association : de nombreux accordeurs choisissent de lui rendre service, donc, pour avoir des crédits en temps.

La structure savoyarde fait partie des deux premières accorderies en France (l’autre se situant à Paris, dans le 19e arrondissement). Et, aujourd’hui, le concept, né au Québec, s’exporte. Le projet qui prône la solidarité entre voisins a fait des émules partout en France. On compte actuellement 32 accorderies sur le territoire, que le réseau des accorderies coordonne au niveau national. « Il y a une attraction permanente », se satisfait Marion Ducasse.

couv_up13Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article « Du porte-à-porte pour améliorer le quotidien des habitants des quartiers populaires » dans le dossier  » Le corps connecté pour une meilleure santé ?  » dans la 13ème édition de UP le mag

-> Découvrir le sommaire
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !


  •  
  •  
  •  
Info inspirante ?
Avis des lecteurs 1 Avis

Commentaires