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En cette période de défiance envers la politique, le tirage au sort est présenté comme un moyen d’améliorer la représentativité et la crédibilité des représentants politiques.

Pour 89% des Français, les responsables politiques « ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme nous » et 70% estiment que « la démocratie ne fonctionne pas bien en France » ( huitième Baromètre annuel de la confiance politique du Cevipof ). Comment remédier à ce problème ? Le tirage au sort, jusqu’ici peu évoqué, est de plus en plus souvent présenté comme un levier possible d’amélioration de la démocratie.

L’idée est d’ailleurs présente chez plusieurs candidats à la présidentielle, sous différentes formes. Emmanuel Macron a proposé que le président de la République soit auditionné par une commission composée en partie de citoyens tirés au sort. Benoît Hamon propose le tirage au sort d’une partie des sénateurs. Jean-Luc Mélenchon, en faveur d’une VIe République, souhaiterait qu’une partie des personnes qui composeront la future assemblée constituante soit tirées au sort. La candidate issue de la société civile, et désignée via laprimaire.org, Charlotte Marchandise propose le tirage au sort de citoyens pour participer aux débats.

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Renouveler le personnel politique

L’idée n’est pas nouvelle, puisque dans l’Antiquité, Athènes faisait la part belle au tirage au sort pour désigner les tâches de citoyens. La plus grande partie des magistrats, qui préparaient et mettaient en œuvre les lois, étaient désigné par le tirage au sort. Sachant qu’on ne pouvait désigner que des personnes volontaires, et que  les femmes, les esclaves, les enfants, et les hommes de moins de 30 ans en étaient exclus de ce système.

Selon les défenseurs du tirage au sort, cet outil permettrait d’égaliser les chances d’accès des citoyens aux responsabilités politiques et ainsi améliorer la représentativité des institutions politiques. En effet, les représentants politiques sont souvent accusés par les citoyens d’être « déconnectés ». Il n’y a par exemple que 4 ouvriers à l’Assemblée. On imagine que la composition serait bien différente si les députés étaient désignés par tirage au sort. Autre argument souvent avancé : les personnes tirées au sort sont libérées des stratégies électoralistes qui peuvent influer sur le travail des élus.

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Des expérimentations à l’étranger

Le tirage au sort a déjà été utilisé à l’étranger. En 2012, en Irlande, une commission, composée de 33 responsables politiques et 66 citoyens tirés au sort, a débattu de différents articles de la constitution irlandaise. L’Islande a aussi tenté l’expérience en 2010. Une assemblée de 1 000 personnes tirées au sort avait été chargée de définir les principaux points de la constitution à réviser. Leurs propositions avaient ensuite été soumises à un référendum, mais le Parlement n’avait finalement pas suivi.

En France, les « conseils citoyens » créés par la loi du 21 février 2014, dans les quartiers prioritaires, sont composés en parties d’habitants tirés au sort. Ils sont associés à l’élaboration et au suivi des politiques de leur ville. Il est toutefois encore tôt pour faire un bilan global de ce dispositif, d’autant que les expériences sont différentes selon les territoires.

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