Après 18 mois, les éleveurs se débarrassent de leurs poules, moins productives. En général, elles finissent à l’abattoir, peu importe le mode d’élevage. Pour éviter qu’on les tue, une startup construit une Poulehouse, un refuge pour les laisser pondre à leur rythme. Et ce, alors que les enseignes renoncent à vendre des œufs de poules en cage.

Oeufs à la coque, au plat, en salade, omelette… 98 % des Français consomment des œufs ; en moyenne, près de 220 par an. Or, la plupart proviennent de poules élevées en cage, ce que dénonce régulièrement l’association L214. Selon elle, presque 7 poules sur 10 en France sont élevées de la sorte.

Et parfois dans des conditions déplorables. En 2016, la structure avait publié une vidéo pour dénoncer un élevage de l’Ain, qui enfermait leurs bêtes dans de petites cages, ne les sortait jamais. L’association expliquait que certaines poules mouraient prématurément et que les cadavres pourrissaient aux côtés des animaux vivants… Dont les œufs étaient commercialisés dans des supermarchés Auchan, Carrefour, Casino, SuperU, Intermarché, via la marque Matines – qui a cessé, depuis, de s’approvisionner là-bas.

100 millions de poules tuées chaque année

Depuis quelques mois, les groupes agroalimentaires ont annoncé ne plus vouloir commercialiser des œufs de poules élevées en batterie d’ici quelques années. Une tendance qui avait démarré avec Monoprix, en 2013 avec les œufs de sa marque, et qui s’est poursuivie avec Aldi, Lidl, Casino, Franprix, Leader Price et, il y a peu, Metro, le grossiste pour les professionnels. »L214 se réjouit que la prise de conscience des problèmes liés à l’élevage en cage touche tous les secteurs de l’agroalimentaire« , a réagi Brigitte Gothière, la porte-parole de l’association.

Forcément, le nombre de poules élevées en plein air va grimper dans les prochaines années. Or, peu importe l’élevage, bio ou pas, un autre problème demeure : un éleveur envoie les poules au bout de 18 mois à l’abattoir. Résultat : près de 100 millions d’animaux sont tués chaque année à l’âge d’un an et demi car elles sont… moins productives.

« Pour le bien-être de nos chères poulettes »

Pourtant, leur espérance de vie est de 6 ans, en moyenne. D’où l’idée de les envoyer en… maison de retraite, à l’air libre. C’est ainsi qu’est né le projet de construire une poulehouse. Et, ce « pour le bien-être de nos chères poulettes », explique les trois fondateurs, sur la page KissKissbankbank, en recherche de fonds pour mener à bien leur initiative. A l’heure où nous écrivons ces lignes, ils avaient atteint 50 % de leur objectif (et il reste moins de 40 jours).

Le refuge leur permettra de pondre à leur rythme. La boîte de 6 sera vendue 5.99 euros, un prix plus élevé que la moyenne. L’idée, donc : mettre la main au portefeuille pour sauver des poules, parfois maltraitées. « C’est plus cher qu’un œuf bio, mais on intègre dans le prix les coûts pour faire vivre la poule (jusqu’à sa mort naturelle) » explique à France Inter Fabien Sauleman , qui a noué un premier partenariat avec un éleveur normand de 600 poules, qui les enverra, donc, à la maison de retraite.

Vidéo de présentation de Poulehouse

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Retrouvez l’article « Le compostage collectif prend ses quartiers » dans la 8ème édition d’UP le mag

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