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Dans « Certifié conforme », son nouveau spectacle qu’il présente jusqu’au 31 décembre au Théâtre Dejazet puis en tournée dans toute la France, Stéphane Guillon s’amuse à brosser un début de bilan de la présidence Hollande. L’humoriste, parle avec nous de politique, d’écologie… Bref : d’engagement.

Vous avez très tôt commencé à imiter Arlette Laguiller. Avez-été biberonné à l’humour politique ?

C’était plus le personnage qui m’intéressait, me fascinait même. Sa façon de parler était très particulière. Mais à l’époque, je ne m’intéressais pas du tout à la politique. L’intérêt pour la politique est venu sur le tard, lors de mon arrivée à France Inter, en 2003. On me demandait alors de faire rire par rapport à l’évènement politique ou sociétal de la journée. Avant cela, je ne traitais que les sujets sociétaux. Lors de mes deux premiers spectacles (« Petites horreurs entre amis » et « En avant la musique », respectivement en 2002 et 2006, ndlr), je ne parlais pas de politique.

Vous aviez déclaré que l’humour devait « déranger ». Dans quels domaines ?

L’humour se pratique. Et celui que pratiquent certains de mes camarades dans ce genre-là, dans la tradition des chansonniers, c’est un humour qui doit gratter, interpeller, et qui peut parfois déranger, même si ce n’est pas une obligation. Souvent, l’humour peut aussi aider à réfléchir ou à se rendre compte de l’aberration de certains comportements.

L’humour ne doit-il avoir que cette vocation ?

Non, je suis pour une grande pluralité en matière d’humour. Je trouve ça très bien que Florence Foresti, Dany Boon, Franck Dubosc et d’autres soient dans un genre différent. On n’est pas obligé de pratiquer l’humour politique, et heureusement, sinon ce serait emmerdant. On peut être très drôle sans en faire. Mais pour ma part, il est vrai que j’ai un faible pour ça. J’étais un grand admirateur de Coluche et Desproges. Par ce biais-là, j’aimais que ces gens disent tout haut ce que je ressentais quand je ne pouvais pas m’exprimer. J’aimais cette fonction de vengeur de l’humour. On a tous des indignations, et souvent on ne peut pas les exprimer. Transformer l’indignation en un mot d’esprit, ça peut être une arme intéressante.

Est-ce qu’on peut rire de tout avec tout le monde ?

La question ne se pose pas ainsi. C’est surtout : est-ce qu’on peut faire rire avec tout ? Tout dépend de la façon dont on s’y prend. Le style et l’angle sont très importants. En outre, l’humoriste n’est pas un citoyen au-dessus des autres. S’il a le droit à l’outrance, il n’a pas droit à l’insulte, au racisme. Des choses évidentes, mais on est forcé aujourd’hui de les préciser. Il y a pas mal d’amalgames qui ont été faits ces dernières années. Certains, en pratiquant une forme de racisme et d’antisémitisme, ont crié à la liberté d’expression qui aurait été bafouée, attaquée. L’humour ne donne pas droit à n’importe quel excès, n’importe quel débordement.

Magazine UP le mag n°12Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez la suite de l’interview de Stéphane Guillon dans la 14ème édition de UP le mag

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