De nouvelles techniques de dépistage du cancer sont à l’étude et pourraient vite être accessibles au plus grand nombre dans les 5 à 20 années à venir. Des chercheurs, danois et français notamment, travaillent sur des dépistages précoces grâce à de simples prises de sang.

Avant toute chose : nous avons, dans notre corps, environ 5 litres de sang. Celui-ci est composé de 4 « matières » principales : les globules rouges, qui transportent l’oxygène tiré des poumons à travers le corps en le fixant sur une protéine ; les globules (toujours) blancs qui nous protègent des microbes et des infections ; les plaquettes qui cicatrisent les plaies ; le plasma, la partie liquide du sang. C’est dans ce dernier que peuvent à présent être détectés les premiers signes d’une maladie grave, et notamment du cancer, via des tumeurs cancéreuses qui libèrent des cellules dans le sang. La détection de ces cellules permet la localisation du cancer.

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Prédire…

Les prises de sang, bien que peu agréables, pourraient donc aussi servir, dans un avenir proche, à dépister le cancer. De plus en plus d’initiatives médicinales tendent vers une prévision du cancer, préalable indispensable à sa guérison. Des chercheurs danois ont, par exemple, minutieusement étudiés des échantillons sanguins pour analyser des métabolites (vitamines) dans des corps, concluant à des profils « à risque » de femmes qui auraient une propension à développer un cancer du sein et pourraient ainsi le prédire.

Le professeur Hofman, l'un des héros de la lutte contre le cancer. Crédit : Santé et soins Mauritius

Le professeur Hofman, l’un des héros de la lutte contre le cancer. Crédit : Santé et soins Mauritius

Une recherche active de solutions contre ce fléau concerne aussi le cancer du poumon, le plus répandu au monde et qui touche 30 à 40 000 personnes chaque année en France. Le professeur Paul Hofman, chercheur au centre de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de l’université de Nice Sophia-Antipolis, estime que le cancer du poumon pourrait être dépisté « dans les quatre à cinq ans » (le temps qu’une étude nationale soit menée) à l’aide d’une simple prise de sang. Un moyen qui permettrait d’identifier la maladie bien avant la détection par imagerie, système actuellement mis en œuvre pour dépister ce type de cancer. Un diagnostic précoce pourra alors permettre bien plus de guérison.

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… pour mieux guérir à l’avenir

C’est sans doute la technique ISET qui fait figure de référence dans cette forme de dépistage. Une réflexion sur le sujet, menée dès 1998 par la professeure Patrizia Paterlini-Bréchot, a abouti à la création en 2014 de ce test, capable de détecter une « cellule tumorale » (cellules générant des métastases, elles-mêmes en grande partie liées aux développements des cancers) dans dix millilitres de sang. Cette expérience, la professeure franco-italienne la raconte dans un livre nommé Tuer le cancer (éditions Stock), paru en janvier dernier.

Pour passer ce test, il vous faudra débourser la somme de 486 euros… somme non remboursée par la sécurité sociale. Dans une interview donnée au journal Ouest-France, Patrizia Paterlini-Bréchot en appelle d’ailleurs au ministère de la Santé pour le rembourser. Toujours est-il que des solutions existent, et même si elles ne sont pas pour tout de suite et restent accessibles pour une petite partie d’entre nous, elles sont, en tout cas, en bonne voie de démocratisation.

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