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Dans un livre très illustré, le designer Geoffrey Dorne propose 50 idées à « faire soi-même » pour se réapproprier l’espace urbain. Indocile et utile !

couverture-hd-bleue-jacquetteÉchapper à la surveillance généralisée, remettre de la nature en ville et détourner les dispositifs qui la rendent moins accessible (par exemple pour empêcher aux SDF de s’installer), voilà les trois angles d’attaques du livre Hacker Citizen (Ediction TIND 2016), du designer Geoffrey Dorne. Cet ouvrage propose 50 idées sous forme de fiches pratiques illustrées, plutôt simples à réaliser. Ici, on parle de « hack » au sens « bidouille ». Eh oui, l’informatique n’a pas l’apanage des preuves d’ingéniosité.

Fabriquer un t-shirt avec des photos de célébrités pour brouiller les algorithmes de reconnaissances faciales, déposer du contenu numérique sur une clé USB cimentée dans un mur, faire un graffiti qui se révèle sur le sol lorsqu’il pleut… Toutes ces idées malignes et originales nous permettent de regarder la ville sous un autre angle. On réalise que l’univers urbain dans lequel on évolue chaque jour pourrait être différent.

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Détourner, inventer

« Historiquement, les différentes idées de hack viennent de mon parcours d’étudiant en design. Lorsque j’ai réalisé mon projet de diplôme qui abordait la question du hacking et de la citoyenneté, j’ai commencé à prototyper différents objets et outils d’émancipation citoyenne. Nous étions alors en plein démarrage de la loi Hadopi, la thématique était donc plutôt portée sur la surveillance », explique le designer. Plusieurs « hack » du livre portent d’ailleurs sur le détournement de caméras de surveillance.

Extraits du livre Hacker Citizen de Geoffrey Dorne

Par la suite, Geoffrey Dorne a élargi ses recherches à d’autres thématiques, telles que la nature en ville. Certaines idées viennent de projets d’autres designers, de plasticiens, d’urbanistes, de hackers, en France et à l’international. Certaines sont plus subversives que d’autres (mais jamais bien méchantes) puisqu’il s’agit souvent de se réapproprier le mobilier urbain. On y trouve ainsi quelques pistes, de l’autocollant au graffiti, pour détourner les panneaux d’affichage publicitaire.

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Un message de liberté

« Le livre est à la croisée de différentes cultures (culture maker, culture hacker, culture du libre, culture anti-pub, etc.) qui ont pour point central la notion de détournement et de réappropriation de l’espace public par le faire et par le partage », souligne le designer. Fervent militant du libre, Geoffrey Dorne a notamment travaillé pour la fondation Mozilla. Le livre est d’ailleurs introduit par Tristan Nitot (fondateur de Mozilla Europe), tandis que la postface a été écrite par le journaliste spécialiste du numérique Xavier de La Porte.

fiche sur la caméra à l'helium tirées du livre Hacker Citizen de Geoffrey Dorne

L’auteur affirme que certaines personnes lui ont déjà écrit pour l’informer qu’elles avaient utilisé le livre. Des citoyens se sont approprié les idées, pour en proposer de nouvelles. Tous les lecteurs n’iront peut-être pas jusque-là, mais cela n’empêchera d’apprécier un joli objet, souvent poétique. Et de retenir le message d’action qu’il véhicule. « Je suis toujours très optimiste vis-à-vis des jeunes générations puisqu’elles abordent le monde avec des outils différents (Internet, les outils de communications, etc.) et elles peuvent ainsi aussi bien le subir et le consommer, que le bâtir et se l’approprier », nous dit Geoffrey Dorne.

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Retrouvez l’article « Réinventons la ville » dans la 11ème édition de UP le mag

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