Forest Finance France lutte contre la déforestation dans la région amazonienne, grâce à des cultures de cacao, qui bénéficient autant à la biodiversité qu’aux populations locales.

Comment combiner régénération des sols abîmés et création d’une économie locale en Amérique du Sud ? La réponse pourrait bien se retrouver dans le cacao. Depuis 2012, Forest Finance France, qui a reçu l’agrément ESUS (Entreprise solidaire d’utilité sociale), s’appuie sur la culture de cacaoyer pour restaurer la biodiversité, tout en offrant des opportunités aux populations locales, dans la région reculée et pauvre en alternatives économiques de San Martin, au Pérou.

Cette activité est directement liée à la reforestation, dans un système vertueux : les arbres d’ombrage qui sont plantés bénéficient aux cultures de cacao. Ce mode d’exploitation s’appelle l’agroforesterie. L’arbre, en plus d’offrir l’ombre dont le cacaoyer a besoin pour grandir, recycle les nutriments et produit de la matière organique. « La première chose que nous faisons est de planter des bananiers, qui vont aérer le sol et apporter une ombre provisoire (en plus d’une nourriture pour les habitants), puis des petits arbres à croissance rapide pour instaurer une ombre plus permanente, et des arbres divers qui enrichissent le sol de leur litière », explique Lenny Martinez – responsable projet chez Forest Finance France.

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Des cultures durables de qualité

Forest Finance France n’est pas le seul acteur à développer le cacao dans la région, mais il se démarque par sa démarche durable. « Avec la volonté du gouvernement de remplacer la culture de coca, la culture du cacao a été beaucoup encouragée au Pérou, mais souvent avec des variétés étrangères, nécessitant l’usage important d’intrants chimiques. Notre volonté est de travailler avec des variétés de qualités, à destination de chocolatiers attentifs à ce critère », explique Lenny Martinez.

Augustin Fromageot, chef de projet au Pérou, explique dans une vidéo le travail qui suit la récolte du cacao :

En plus d’être bénéfique pour la planète, cette activité a un impact social puisqu’elle permet de créer une nouvelle économie. Forest Finance France exploite actuellement 150 hectares à San Martin, employant une trentaine de salariés locaux fixes et une trentaine d’ouvriers ponctuels pour les récoltes, dirigés par une équipe locale composée de femmes. Seule une personne expatriée, Augustin Fromageot, est en poste sur place pour assurer le suivi post-récolte, c’est-à-dire l’étape où le cacao doit être fermenté et séché. Forest Finance France souhaite d’ailleurs développer un réseau pour échanger les bonnes pratiques autour de cette étape très importante qui suit la récolte.

Depuis 2014, l’impact social et environnemental de Forest Finance est évalué par Kinomé, entreprise spécialisée dans le développement social à travers la reforestation. « Cela permet d’avoir un suivi dans la durée », souligne Lenny Martinez. Forest Finance est également en cours de certification UTZ, un label qui garantit les conditions de travail de ses travailleurs, et réfléchit à acquérir la certification bio, même si, selon Lenny Martinez, le groupe reste critique vis-à-vis des certifications et des labels, qui ne font pas tout, et doivent être « une étape plutôt qu’une fin ».

Employés de Forest Finance au Pérou

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Une filiale de finance solidaire

En novembre, le groupe, soutenu par l’entreprise de gestion d’actifs Amundi à hauteur de 500 000 euros, a créé la filiale Forestera, pour renforcer ses activités dans la région de San Martin. La société réalise actuellement une augmentation de capital, dans le but d’acheter 80 à 100 hectares de terres supplémentaires. Les particuliers peuvent ainsi participer au projet, en devenant actionnaire de l’entreprise, via la plateforme de crowdfunding WiSEED.

Il faut compter environ 5 ans entre la plantation des semis et les premières récoltes. Il s’agit donc d’un projet sur le long terme. « Entre la cinquième et la huitième année, les revenus tirés du cacao permettront d’autofinancer l’activité », indique Frédéric Lagacherie, directeur général de Forest Finance France. Ensuite, la société sera revendue à un acteur du développement durable sur la base d’une valorisation établie par des acteurs indépendants.

Pendant ce temps, les sociétaires resteront informés de l’évolution du projet. Un conseil de surveillance, comprenant notamment un économiste du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et la vice-présidente du comité du label Finansol, remettront chaque année un rapport aux actionnaires. Dans le même temps, Forestera assurera un reporting annuel des aspects sociaux et environnementaux, avec des informations précises. Le financement est ouvert à la participation jusqu’à mai 2017.

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Retrouvez l’article  » Les cercles vertueux de l’entrepreneuriat social  » dans la 9ème édition d’UP le mag

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