« Tissons la solidarité » œuvre depuis plus de 10 ans à réinsérer socialement des femmes trop longtemps éloignées du chemin de l’emploi. Son moyen d’action ? La couture. Et pas n’importe laquelle…

L’organisation internationale du travail a, dans son dernier rapport, mis en lumière « les défis considérables auxquels les femmes continuent de faire face pour trouver et garder des emplois décents ». Alors que les femmes représentent près de 50% de la population active, elles sont souvent mal représentées dans les conseils d’administration des grandes entreprises. L’étude indique aussi que « dans de nombreuses régions du monde, par rapport aux hommes, les femmes sont plus exposées au risque de devenir ou de rester chômeuses, ont moins de chances de participer au marché du travail et quand c’est le cas elles sont souvent obligées d’accepter des emplois de mauvaise qualité ».

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Un long chemin pour l’égalité

La couture, activité essentielle du réseau Tissons la solidarité / Crédits : Fondation Bettencourt-Schueller

La couture, activité essentielle du réseau Tissons la solidarité / Crédits : Fondation Bettencourt – Schueller

Pour apporter un peu de lumière à ces réalités si sombres, le Secours catholique a créé en 2004 « Tissons la solidarité », un réseau qui fédère plus de 70 structures de l’insertion par l’activité économique. « Elles ont toutes le même support d’activité : le réemploi du textile de seconde main, indique Catherine Portes, directrice générale de l’association. L’objectif était de transformer les vestiaires en chantier d’insertion. » L’association développe parallèlement des activités de recyclage de vêtements : activités de tri de vêtements usagés, remise en état et vente dans des boutiques solidaires. On en compte une dizaine dans toute la France, dont une à Paris.

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Se former pour durer

En partenariat avec  Pôle emploi, « Tissons la solidarité » publie ses offres sur le site de l’agence, qui dirige les femmes en difficulté vers sa structure. Elles sont ensuite embauchées en contrat d’insertion, le temps de bénéficier de formations qualifiantes, notamment dans la vente, la couture et d’effectuer la revalorisation de leur CV. Plus de la moitié des 1 900 salariées en insertion prises en charge par l’association ont trouvé un emploi pérenne. Le résultat d’une savante mixture : « Tissons la solidarité est le premier acteur du monde associatif à avoir su rassembler autour d’un projet fédérateur et concret des univers aussi différents que les mondes de l’économie sociale et solidaire, du luxe ainsi que celui de l’économie classique », selon Catherine Portes.

Une réussite qui a motivé de célèbres couturiers à parrainer l’association : Pierre Balmain, Thierry Mugler ou Christian Lacroix font partie de ces précieux soutiens. « Le fait d’avoir des parrains prestigieux permettent au réseau Tissons la solidarité une légitimité et une crédibilité, tout comme le fait d’avoir réalisé une formation avec le monde du luxe. Sa légitimité, Tissons la doit certes à ses parrains prestigieux, mais aussi à tous les salariées en insertion, à toutes les équipes permanentes des 70 associations adhérentes qui se battent contre la précarité. Tissons la solidarité c’est un cerveau collectif où chacun amène sa pierre. »

Un défilé pour Christian Lacroix des créations de l’association : 

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