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La différence est une force. C’est ce qu’a voulu prouver l’association Trinôme 44 en ouvrant début décembre Le Reflet, le premier restaurant de France à employer, en salle comme en cuisine, des personnes trisomiques. Un projet social et solidaire qui goûte aujourd’hui le succès et espère bien se multiplier.

« Aujourd’hui, la différence est considérée comme un handicap. Mais qui a dit que la différence, ça ne pouvait pas être une force ? Le projet Le Reflet a pour vocation de faire évoluer le regard que porte la société sur le handicap. » Ces mots, inscrits en préambule de sa présentation sur Ulule, ont touché de nombreux Français, dont certains ont participé financièrement à la naissance du Reflet. Un restaurant extraordinaire qui a ouvert ses portes le 20 décembre à Nantes.

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Le Reflet a remporté en 2016 le Coup de Coeur du Jury lors de la 12e cérémonie des Trophées de l’Insertion. @LeReflet

« Grâce à eux et d’autres personnes devenues actionnaires de l’entreprise, nous avons récolté la somme de 400 000 euros », se réjouit Flore Lelièvre, à l’origine du projet. Âgée de 26 ans, cette architecte d’intérieur décide pour son diplôme de fin d’étude de présenter un lieu de travail adapté à tous. « Mon frère est atteint de trisomie 21. Je suis consciente des difficultés auxquelles sont confrontées les personnes en situation de handicap. J’ai donc voulu imaginer un espace où elles pourraient s’intégrer socialement et professionnellement. »

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Un lieu adapté

Il y a un an et demi, elle monte l’association Trinôme 44 qui a pour but de « développer des outils et des lieux qui favorisent l’intégration des personnes en situation de handicap ». Son premier projet à se concrétiser est Le Reflet. « Pour recruter le personnel extra-ordinaire, nous avons beaucoup communiqué en amont en envoyant des mails à travers les réseaux handicap de la région. Puis le bouche-à-oreille a fonctionné », raconte-t-elle. Aujourd’hui, deux cuisiniers et quatre serveurs trisomiques travaillent au sein du restaurant avec le soutien bienveillant d’une chef cuistot et d’un gérant.

Ils ont des contrats de 20 à 24 heures par semaine. « Ils gagnent un salaire comme tout le monde, au minimum au smic », précise la jeune femme. Un CDI leur sera proposé à l’issue de la période d’essai, si tout se passe bien. « Le plus important pour nous étant l’épanouissement personnel et professionnel de nos employés », s’enquière Flore Lelièvre.

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Les assiettes ont été réalisées par une entreprise française, située dans la région des Pays de la Loire. @LeReflet

Et pour cela, cette designeuse d’objets a mis en place un fonctionnement adapté. « J’ai inventé des assiettes où sont moulées des empreintes pour apporter une plus grande stabilité et une meilleure assurance au serveur avec une motricité fine peu développée. » Pour les commandes, des petites fiches sont présentes sur les tables. Le client doit, grâce à des codes couleurs, tamponner le menu de son choix. « Cela facilite la prise de commande des employés qui ne savent pas forcément lire ou écrire », explique la jeune femme créative.

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Le goût des autres

Montrer que les personnes en situation de handicap ne sont pas une contrainte à une entreprise, bien au contraire, telle est la mission que s’est avant tout donnée l’association Trinôme 44. «  Il y a certes une phase de transition et le besoin d’un accompagnement spécialisé. Mais cela peut tellement apporter à une entreprise que ça vaut le coup, soutient Flore Lelièvre. J’adorerais que le projet inspire d’autres restaurateurs et soit copié dans toute la France»

Dès la première semaine d’ouverture, Le Reflet a affiché complet. « Les clients ont été ravis de l’accueil, de la convivialité, et surtout, ils ont très bien mangé », s’enthousiasme l’entrepreneuse solidaire. Car ne l’oublions pas, il s’agit d’abord d’un restaurant. Et quel restaurant extra-ordinaire !

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Retrouvez l’article « Thierry Marx, le cuisinier solidaire » dans la 10ème édition d’UP le mag

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