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Diaspora est un réseau social qui permet de publier messages et photos tout en protégeant les données des utilisateurs. Une alternative crédible au géant Facebook.

Sur Facebook, les données que nous publions, nos historiques de navigation et de géolocalisation sont collectés avec précision et revendus à des fins publicitaires. Ces pratiques soulèvent régulièrement des polémiques autour de la vie privée des utilisateurs.

Dès 2010, de jeunes Américains ont commencé à réfléchir à une alternative au réseau social le plus utilisé du monde. Après une levée de fonds sur Kickstarters, ils ont créé Diaspora, complétement dans la mouvance du logiciel libre. « Depuis 2012, le projet est entièrement géré par sa communauté. Il y a environ 800 personnes qui participent aux différentes décisions et une quinzaine de personnes à travers le monde qui s’occupent du développement », explique Antoine Duparay, ingénieur-développeur de 26 ans qui fait partie de ces précieuses petites mains bénévoles.

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Décentralisation des données

Diaspora offre la liberté à ses utilisateurs de choisir où sont stockées leurs données. Pour s’inscrire sur le réseau, il faut se choisir un «pod», mot utilisé pour désigner différents serveurs, gérés par différentes personnes, dans différents lieux. Sachant que chacun peut devenir hébergeur et que tous les utilisateurs de Diaspora peuvent partager entre eux, même si leurs données sont enregistrées dans différents « pods ». C’est un peu comme pour les mails : utiliser des services de messagerie différents n’empêche pas d’échanger des messages.

En France, le serveur le plus utilisé est Framasphère. Il est hébergé par Framasoft, une association de promotion du logiciel libre et d’alternative aux géants du web. « Framasoft n’est pas un éditeur de logiciel, notre but est de mettre en avant des logiciels libres existants », précise Antoine. Fin décembre : Framasphère compte 33 440 utilisateurs. Pour Diaspora, il est difficile d’évaluer le nombre d’utilisateurs total, justement à cause de la décentralisation des données. Mais selon les statistiques publiés par les différents pods, il y a au moins 664 943 utilisateurs.

Capture d'écran de Framasphère

Capture d’écran de Framasphère

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Publications personnifiées

L’interface est simple, accessible et sans publicité. On peut retrouver des utilisateurs, partager des messages, des photos et des liens, réagir en commentant, partageant ou en aimant. On peut également suivre des actualités ciblées grâce à un système de hashtags et de flux, un peu façon Twitter. À l’inverse de Facebook, « par défaut, les publications sont fermées, c’est à l’utilisateur de choisir avec qui il veut partager », explique Antoine.  Nos contacts peuvent être ajoutés à différents groupes (famille, amis, connaissances, etc.), afin de contrôler qui voit quel contenu. On note aussi l’option NSFW (not safe for work) pour annoncer un contenu qui n’est pas visualisable au travail, ce qui permet aux utilisateurs de choisir s’ils veulent afficher la publication ou non.

Sur Diaspora, personne n’est obligé de donner son vrai nom, ce qui peut rendre difficile la recherche de contact. Antoine conseille donc de faire des recherches pas hashtag, pour retrouver des personnes qui partagent les mêmes intérêts. « Le but n’est pas tant de concurrencer Facebook, on n’aura jamais un milliard d’utilisateurs. Mais si nous arrivons à offrir une alternative solide aux personnes qui cherchent un outil plus respectueux de la vie privée,  l’objectif est atteint », affirme-t-il. L’outil est bel et bien solide. Reste à convaincre son entourage de le rejoindre, pour profiter un maximum de tout son potentiel !

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